Orbe Stellaire

Le Forum de l'Orbe Stellaire, guilde du royaume des Clairvoyants. Petite guilde au grand coeur :)
 
AccueilPortailFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Mirlina : De la magie à l'Obscurité.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Lühanne
Orbeux(se)
avatar

Messages : 303
Date d'inscription : 14/05/2010
Age : 29
Localisation : J'vais pas vous l'dire !

MessageSujet: Mirlina : De la magie à l'Obscurité.   Mer 08 Juin 2011, 23:48

( Voici le texte présentant ma fameuse voleuse. Six chapitres d'écrits, et ce n'est pas fini, même si en ce moment, niveau écriture wow... 'Fin bon. Bonne lecture ! )



Chapitre 1 : Premier pas.


Il faisait nuit depuis des heures. Tout était calme et tranquille dans la région des bois des chants éternels. Les elfes vivaient en paix, enfin libéré de toute contrainte. Les guerres trolles n’étaient plus.
L’écume des vagues se déposait sur les rochers entourant l’île, puis se dissipait, lentement.
Une silhouette passa en trombe devant les gardes somnolant. Ces derniers se réveillèrent en sursaut.
-Halte, qui va là ?
L’inconnu marmonna quelques mots et tendit un doigt vers les gardes. Une aura verte en sortit et tourbillonna dans l’air très lentement vers les elfes. L’énergie se sépara en deux et toucha les soldats l’un après l’autre. Ils vacillèrent quelques secondes, les paupières lourdes. Ils fermèrent les yeux et s’écroulèrent, endormis.
L’homme s’avança et vérifia l’état des gardes. Il se releva. C’était un elfe aux long cheveux dorés. Ses yeux, d’un bleu luminescent, scrutait la pénombre. Il portait une alliance à la main droite. Il s’avança sur les rives du puits solaire, source de magie des elfes, et prit deux fioles à sa ceinture. Il hésite une seconde, puis les remplit de l‘eau du puits. Délicatement, l’elfe plaça les tubes dans sa sacoche et marmonna quelques mots. Il tourna sur lui-même. La réalité autour de lui sembla se contorsionner, se modifier. Il tournait de plus en plus vite, pensant à un endroit bien précis.
Quelques secondes plus tard, il était dans le salon de sa maison. Il déposa son long manteau et monta à l’étage. Sa femme l’attendait là, dans leur chambre.
- Telderis..Enfin ! Tu l’as ?
- Oui. Elle sera puissante !
Telderis prit les deux fioles et les posa près de son épouse. Il en déboucha une et déposa du liquide sur le bout de son doigt. Il imbiba le bout du têton dénudé de sa femme avec l’eau puis alla jusqu’à un berceau. Sa petite fille d’à peine quelques semaines ouvrit les yeux, puis se mit à pleurer. Son père l’a prit dans ses bras et l’amena à sa femme. Celle-ci amena son enfant jusqu’à son sein mais s’arrêta.
- Tu es sûr que c’est sans danger ?
- Oui Elyera…ça ne fera que renforcer son lien avec la magie.
Ils s’échangèrent un sourire. La femme plaça la bouche de son enfant devant son sein. Le bébé hésita une seconde, puis le prit dans sa bouche et commença à suçoter, buvant le lait mélangé à quelques gouttes du puits solaire. Après quelques minutes passé ainsi, à ne rien faire d’autre que la regarder se nourrir, l’enfant se détacha et bailla. Ils sourirent et l’emmenèrent dans son berceau où ils l’allongèrent.
Telderis posa un bras sur l’épaule de son épouse, tout en regardant sa fille s’endormir.
- Alors, tu as un nom ?
- Mirlina…
- J’aime beaucoup…Ainsi donc, nous te nommerons… Mirlina…Mirlina Aube-Glorieuse.
Telderis et Elyera Aube-Glorieuse allèrent se coucher en laissant le bébé dormir tranquillement, les énergies du puits solaire coulant en elle.




Plusieurs années plus tard, Mirlina, âgé de 5 années humaines, attendait. Son père se tenait derrière elle dans une file d’enfant. Devant elle, un elfe faisait passer des examens aux jeunes gens. Elle se retourna vers son père.
- Tu crois que je vais y arriver ?
- Mais bien sûr ! Tu y arrives déjà très bien à la maison ! Maman n’est pas contente d’ailleurs, tu as fait pas mal de dégâts ! Mais elle est ravie que tu sois si douée et précoce !
Elle sourit à son père, reprenant de l’aplomb et continua d’attendre. Les minutes passaient lentement, elle avait l’impression que cela faisait des heures.
- Suivante… Mirlina Aube-Glorieuse.
Son père sortit de la file, mais poussa un peu sa fille vers l’instructeur. Ce dernier jeta un regard vers l’elfe aux cheveux blond et lui fit un bref signe de tête.
- Alors, je vois que tu as atteint l’âge pour débuter les études élémentaires… Mais, nous devons savoir où te placer…Donc, tu vas lancer un sort de ton choix sur le mannequin là bas. Ne t’inquiète pas, personne n’a réussit à le détruire avant toi, donc vas-y de toutes tes forces.
L’instructeur se déplaça un peu sur le coté et ne fit plus rien, un regard indifférent posé sur la petite fille. Mirlina déglutit, inquiète et s’avança. Elle tremblait de tout son corps. Elle se plaça devant le mannequin, apeurée, et concentra ses pouvoirs. De petites flammes sortirent de ses doigts. Au bout de quelques secondes, elles disparurent. Elle tremblait des pieds à la tête.

L’instructeur restait indifférent, faisant un léger non de la tête. Il prit son crayon pour griffonner quelque chose sur ses papiers. Telderis accourut vers lui.
-Elle peut faire mieux.
- Je suis désolé Telderis… Mais il n’y a pas d’autre essai, et pas de elle ne supporte pas la pression. Dernière classe donc. Petite mage sans envergure.
L’elfe aux cheveux blond s’adressa à sa fille en criant.
- Mirlina, tu n’as pas à avoir peur ! Rappelle-toi à la maison ! Fait pareil ! Brûle tout ! On en a parlé ! Fait notre fierté ! C’est ta raison d’être !
La jeune enfant regarda son père, légèrement incrédule. Faire leur fierté. Mais oui, elle savait que ses parents ne l’aimeraient plus si elle ne donnait pas le meilleur d’elle-même. Seul les plus forts pouvaient vivre. C’était ça qu’on lui enseignait.
Son regard se changea. Alors qu’elle était terrifiée, une sorte de fureur s’empara d’elle. Elle jouait pratiquement sa vie maintenant. Elle porta ses mains devant son visage. Des flammes oranges les entourèrent. Elles gagnèrent rapidement en intensité, ses avants bras s’enflammant à leur tour. Les yeux de l’elfe devinrent rouge, comme un brasier ardent. Elle envoya l’énergie qu’elle concentrait sur le mannequin. Mais alors que les sorts de feu des mages se concentraient dans une boule unique, son sort laissa une vaste trainée de feu. Elle déchaîna une vraie tempête, entourant l’objet qu’elle souhaitait anéantir. Le mannequin s’embrasa rapidement. Les défenses magiques le protégeaient, empêchant le feu de le détruire. Mais Mirlina ne cessa son attaque. Le feu devenait de plus en plus fort, comme un souffle de dragon. Le bouclier autour du mannequin commença à décliner. Des flammes s’engouffrèrent à l’endroit où il était le plus faible et embrasèrent le mannequin. Des mains de l’enfant sortit une boule de feu qui fila à toute vitesse sur l’objet. Les défenses volèrent en éclat et le mannequin explosa sous la pression et la puissance de l’attaque final.

Mirlina posa un genou au sol. Elle suait de tout son être et tremblait , exténuée. Toutes les personnes, enfants comme adultes étaient abasourdis. Personne n’arrivait à réaliser qu’une fillette si jeune ait pu détruire un mannequin d’entraînement pour adulte aussi facilement. Tous sauf Telderis. Il souriait, pleinement satisfait, puis se précipita sur sa fille qu’il prit dans ses bras.
- Bravo ma chérie. Tu as réussi.
Il reporta son regard sur l’instructeur. Celui-ci cligna des yeux plusieurs fois, n’y croyant toujours pas.
- Alors ?
La voix de Telderis le ramena à la réalité. Il bégaya.
- El-elle est admise dans les fu-futurs ma-ma-magistères…Elle fera ses études à Dalaran…quand elle sera en âge…
Le père de Mirlina sourit, et toisa l’instructeur du regard, semblant lui dire : Voilà la puissance de notre famille. Et sans attendre plus longtemps, il repartit avec son enfant dans les bras. Elle s’était endormie et il ne la réveilla pas. Ses pensées allaient et venaient, mais il savait une chose.
« Tu feras notre fierté ma petite. Je le savais ! Tu n’as peut être eu de l’énergie du puits que deux fois, mais tu sera la plus puissante et tu feras vivre notre famille à la place la plus importante ! »
Il s’en souvenait comme si c’était hier. Les fioles qui avaient explosés quand sa fille avait ouvert les yeux. Comme si elle ne voulait plus en boire et qu’elle avait stoppé la folie de ses parents. Mais la magie faisait partie de son être. Et c’est tout ce qui comptait. Bientôt, elle serait la plus puissante. Mais les études à Dalaran ne commencerait pas avec ses 15 années humaines.. Pour les elfes, le temps passait plus lentement, et le puits devait les nourrir longtemps pour que le manque ne vienne pas trop tôt. Mais il pouvait bien attendre un peu. Pour le moment, il serra sa fille dans ses bras et ils rentrèrent chez eux.

_________________
- Lühanne, soins ! Mais qu'est-ce qu'tas foutue bordel ?
- Euh... Quoi ça ? < était afk > Han, j'ai eu une déco serveur !


Revenir en haut Aller en bas
Kiarann
Ancien
avatar

Messages : 698
Date d'inscription : 25/04/2009
Age : 33
Localisation : Brest

MessageSujet: Re: Mirlina : De la magie à l'Obscurité.   Jeu 09 Juin 2011, 09:02

Lulu tu as pas le droit de donner envie comme ça, veux la suite moi !!
LA SUITE LA SUITE LA SUITE !!
Revenir en haut Aller en bas
Lühanne
Orbeux(se)
avatar

Messages : 303
Date d'inscription : 14/05/2010
Age : 29
Localisation : J'vais pas vous l'dire !

MessageSujet: Re: Mirlina : De la magie à l'Obscurité.   Jeu 09 Juin 2011, 16:32

Chapitre 2 : Dalaran



Cela faisait plusieurs années que Mirlina étudiait à l’école de magie de Lune d’Argent. L’année suivante, elle serait assez âgée pour entrer à Dalaran. Mais quelque chose angoissait Telderis, Mirlina ne progressait plus. Elle avait surclassé tout le monde très rapidement. Ses pouvoirs avait continué de se développer, à une vitesse ahurissante. Mais, elle n’apprenait rien. Elle ne maîtrisait que les pouvoirs de bases, ceux de son enfance. Mais l’homme restait tout de même confiant. A Dalaran, elle apprendrait plus que la simple invisibilité et le transfert. Il en était persuadé, elle serait une grande magistère. Il avait œuvré depuis la naissance de sa fille dans ce seul but de toute manière.
Une porte s’ouvrit derrière lui. L’elfe se retourna et posa son regard sur sa femme.
- Tu es magnifique.
Elle lui sourit. Elle était vêtue d’une robe sobre, de couleur rouge bordeaux, avec de petits trais dorés la striant à divers endroits.
Telderis se retourna vers l’escalier et appela sa fille en haussant la voix.
- Mirlina !
La jeune elfe sortit de sa chambre, dans une tenue du même genre que sa mère. Pleine de paillette, et très maquillée, voir même trop. Elle portait un collier en perle, des bagues avec des diamants, et un diadème.
- Père ?
- Nous sortons. Tu connais les consignes ?
- Ne pas utiliser de magie dans la maison. Ne pas laisser mes invités seuls, et m’assurer qu’ils soient tous partis avant que je n’achève la soirée.
Tout en disant cela, elle descendait les marches une à une, comptant les règlements sur ses doigts.
- Bien. Et ?
- Et profiter du fait que je n’ai aucune obligation car il est hors de question que je me comporte ainsi une fois fiancée puis mariée.
Telderis sourit et déposa un baiser sur le front de sa fille.
- C’est bien. Sois indulgente avec Maria. Elle rangera et nettoiera, mais ne lui donne pas trop de travail.
- Pas d’inquiétude père. Mère, vous êtes sublime. Passez une bonne soirée !
Elle s’inclina devant ses parents avec respect, puis leur fit signe alors qu’ils s’éloignaient de la maison.


Après une petite attente dans le salon, la sonnette retentit. Mirlina alla ouvrir la porte et accueilli son premier invité : Oxyl, un jeune mage de sa classe. Elle lui fit la bise, et l’invita dans la salle à manger. Même si ce n’était pas la première fois qu’il venait, le jeune mage était toujours sidéré par la grandeur de la maison et par la taille de la table. C’était un véritable buffet. Une nouvelle fois, tous les jeunes mages étaient invités. Et il savait déjà comment finirait la soirée. Il espérait à chaque fois qu’il serait le prochain à y avoir droit.
Et que dire de son hôtesse ? Mirlina était radieuse comme à son habitude. Elle n’était âgé que de 14 années humaines environ, comme tout ses invités le seraient d’ailleurs. Ses vêtements étincelaient sous les lumières de la maison et lui donnaient l’éclat d’une petite étoile. Elle portait beaucoup de bijoux, mais étrangement, sur elle, ça ne faisait pas trop ou vulgaire. C’était juste bien. Comme son maquillage, qui était toujours réussis par ailleurs. Ses cheveux descendaient en cascade rousse sur ses épaules et le haut de son dos. Légèrement ondulés, on aurait pu se perdre dedans et ce pendant des heures.
L’elfe se racla la gorge, ramenant Oxyl à la réalité.
- Hum, pardon, je rêvassais.
Oui, il rêvait d’elle, tout simplement; comme tout les autres d’ailleurs. Il s’installa à une chaise. Il n’eut pas le temps de s’ennuyer que la sonnette retentissait déjà, rompant le moment privilégié où il n’était qu’avec elle. Mirlina s‘éclipsa afin d‘accueillir le nouvel arrivant.
Pendant plusieurs minutes, des invités arrivèrent, jusqu’à ce qu’ils soient une bonne cinquantaine.
Et comme d’habitude, tout les regards étaient rivés sur l’hôtesse de la soirée. Filles comme garçons, tous la dévorait des yeux.
Comme à chaque repas qu’organisait Mirlina, l’alcool coulait à flot. Et il ne fallu pas longtemps avant que tout le monde soit complètement saoul.

Après quelques heures, l’elfe mit fin à la fête. Elle raccompagna tout ses invités à la porte, sauf un, où plutôt une. Et oui, ce soir là, Mirlina avait passé la soirée à embrasser Agniara, une jeune mage de bonnes famille, pressentit pour être une grande magistère, et qui tournait autour de la demoiselle Aube-Glorieuse depuis un bon moment. Oxyl sortit de la maison, rentrant chez lui en titubant une fois de plus. Ce n’était pas encore ce soir qu’il aurait le droit aux charmes de la jeune Duchesse. Beaucoup étaient passés dans sa chambre, filles comme garçons. Les conquêtes de Mirlina ne se comptait plus. L’elfe vivait dans la luxure.


Les deux filles continuèrent de s’embrasser sauvagement durant de longues minutes. Elles étaient toute les deux très excitées et se dévoraient sans cesse du regard. Mirlina attira son amie dans sa chambre, et l’allongea sur le lit. Elle se posa au dessus d’elle, un sourire charmeur sur les lèvres, et se mit en tête de dévorer le cou de la jeune Agniara. Cette dernière pouffa de rire quand les cheveux de sa compagne masquèrent son visage. Les lèvres de l’elfe embrassèrent le cou de la jeune mage. Elle lécha différents endroits ainsi durant de longue minutes, accompagnant ses baisers de douces caresses. Lentement, Mirlina passa ses mains dans le dos de l’elfe, et décrocha sa robe pour la faire glisser au sol.
Les deux filles se regardèrent dans les yeux pendant quelques secondes, avec tendresse. La jeune Duchesse détailla chaque partie du corps de sa futur amante, ne ratant aucune zone. Ses mains se mirent à la caresser frénétiquement, passant sur les endroits les plus sensibles. Après quelques minutes à se laisser faire, Agniara renversa sa compagne sur le coté et l’embrassa fougueusement. Sa langue se mit en quête de celle de Mirlina et entama une danse intense. Tout en continuant ce langoureux baiser, elle commença à défaire la robe de son hôte, et l’envoya rejoindre la sienne, sur le sol.
- Tu as peur ?
Les doigts de Mirlina continuait de caresser le corps de son amie. Elle la sentait trembler sous ses caresses.
- U-un peu…Mais j’en ai envie…
Avec un sourire franc, Mirlina invita Agniara à s’allonger contre elle.




Dans la cité magique de Dalaran, école des sorciers sous la tutelle du Kirin tor, les parents de Mirlina attendait patiemment. La secrétaire leva les yeux de ses papiers pour les poser sur les elfes.
- Et je dois annoncer ?
- La famille Aube-Glorieuse.
La femme acquiesça et disparue subitement. Après quelques instant, elle réapparut devant le couple.
- L’archimage est prêt à vous recevoir dans son bureau.
Ils suivirent la magicienne à travers un long couloir jusqu’à une porte décoré avec des fines feuilles dorés. Elle toqua et attendit. Une voix rauque s’éleva.
- Entrez.
La secrétaire ouvrit la porte.
- Monsieur et Madame Aube-Glorieuse sont arrivés.
- Bien, laissez nous.
L’humaine laissa le couple pénétrer dans la pièce, puis sortit et referma la porte. Anthonidas, Archimage du Kirin tor, sourit aux elfes.
- Mes amis.
D’un simple geste de la main, il fit apparaître deux fauteuils rembourrés derrière ses invités qui s’assirent avec reconnaissance.
- Je peux vous offrir quelque chose ?
- Avez-vous toujours ce si bon Hydromel ?
- Hum, oui, il doit m’en rester. Et pour vous Madame ?
- Rien, je vous remercie.
Anthonidas leva la main et fit des gestes de ses doigts. Une lueur bleutée s’en dégagea. D’une table adjacente, un verre se souleva et resta en l’air, suivi d’un deuxième. Les deux objets furent rejoint par une cruche en terre cuite qui déversa lentement un liquide dans chaque récipient. Une fois remplie, les verres se dirigèrent vers le bureau tandis que la cruche retournait sur la table. L’un se posa devant l’archimage et l’autre devant Telderis. L’elfe leva le sien et trinqua avec l’humain avant de boire une gorgée de cet alcool si doux. Il fit rouler le liquide sur sa langue un petit moment avant de le laisser couler dans sa gorge.
- Délicieux.
L’archimage sourit, puis joignit les doigts.
- Alors. Que me vaut cette visite ?
- Nous venons parler de notre fille.
- Ah oui…
L’humain fit un nouveau mouvement du bout du doigt. Un tiroir derrière lui s’ouvrit et un dossier s’envola pour se poser devant lui. Le mage le prit en main et commença à le feuilleter.
- Mirlina Aube-Glorieuse… Jeune magistère en devenir…très talentueuse…Hum, oui, je vois…
Telderis posa un regard inquisiteur sur l’archimage pour tenter de décrypter son expression.
- Nous sommes étonnés au vu de son talent justement qu’elle ne soit pas venue plus tôt à Dalaran.
Anthonidas continua de lire le dossier en acquiesçant de temps à autre, continuant d’accompagner le geste par la parole.
- Oui oui… Je vois je vois…
La mère de Mirlina, jusqu’ici silencieuse, prit la parole.
- Nous aimerions que vous nous en disiez plus. En effet, nous avons hâte qu’elle débute son entrainement et qu’elle puisse devenir une magistère de notre communauté. Pour son bien.
L’humain referma le dossier et regarda ses deux invités avec gravité.
- Elle ne sera pas admise avant encore deux voir trois années.
Telderis parut outré.
- Comment ?! Et pourquoi donc ? C’est la meilleure élève de sa classe !
L’hôte sourit et adoucit son regard.
- Telderis… Ce n’est pas tout à fait ce que je viens de lire… En effet, il est dit que votre fille est très puissante et très talentueuse. Cela dit, il est également préciser qu’en l’espace de huit années, elle n’a progressé que durant les deux premières années. Depuis, elle ne se démarque plus que par sa maîtrise première. Certes, toujours très puissant, plus que certains adultes même… Mais cela reste dérisoire sur le long terme.
L’elfe tenta de conserver son calme.
- Justement. Elle ne peut pas apprendre dans une école où elle est déjà la meilleure. Il lui faut de la concurrence !
Anthonidas fit un sourire franc à son invité et but une gorgé d’Hydromel qu’il savoura.
- Pour tout vous dire, nous préférons prendre des mages qui progressent plutôt que des puissances brutes qui stagnent. Peut être avez-vous raison Telderis. Peut être que Mirlina a besoin d’être dans un environnement plus fort en magie… Où elle devra fournir des efforts pour se démarquer. Mais ce n’est pas sûr. Aussi, nous repoussons son admission pour prendre des jeunes gens prêt à avancer directement.
La déception pouvait se lire sur le visage des deux elfes. La femme de Telderis jeta un regard noir à l’humain durant quelques secondes, puis s’adoucit.
- Bien…Il n’y a pas moyen de vous faire revoir votre jugement ?
Le mage sourit.
- Si Mirlina s’améliore d’ici la prochaine rentrée, et que j’en ai connaissance, alors je la prendrais. Sinon, dans deux ans minimum.
Telderis serra un peu les dents.
- Bien.. Merci de nous avoir reçu Archimage.
Il vida son verre d’un trait et se leva. L’humain les raccompagna jusqu’à la porte et leurs serra la main.
- Je suis désolé de n’avoir pu vous donner de réponse vous convenant.
- Nous nous reverrons bientôt, j’en suis sûr. Bonne soirée Anthonidas.
Le couple se rendit à la sortit de Dalaran. La femme de Telderis lui attrapa la main pour le ralentir et le regarda dans les yeux.
- Tu crois…que nous avons fait tout ça pour rien ?
L’elfe fit signe de se taire à sa compagne et regarda autour d’eux pour vérifier que personne ne les entendait.
- Pas ici ! Et ne t’inquiètes pas. Nous n’avons pas fait ça pour rien. Il va falloir que Mirlina travaille dur, très dur. Elle deviendra une magistère très puissante, c’est son destin.
Ils s’échangèrent un sourire, puis se téléportèrent à Lune d’Argent.

_________________
- Lühanne, soins ! Mais qu'est-ce qu'tas foutue bordel ?
- Euh... Quoi ça ? < était afk > Han, j'ai eu une déco serveur !


Revenir en haut Aller en bas
Lühanne
Orbeux(se)
avatar

Messages : 303
Date d'inscription : 14/05/2010
Age : 29
Localisation : J'vais pas vous l'dire !

MessageSujet: Re: Mirlina : De la magie à l'Obscurité.   Jeu 09 Juin 2011, 16:32

Chapitre 3 : Le fléau.


Les mois s’écoulèrent sans qu’aucun changement ne s’opère. Telderis entraînait lui-même sa fille, si bien qu’elle ratait beaucoup de jour de classe. Mais il devait se faire une raison. Mirlina n’avançait plus. L’homme poussa un juron en voyant sa fille échouer pour la dixième fois à lancer une déflagration arcanique. Il n’avait tout de même pas sacrifier tant de chose pour renoncer maintenant ! Il trouverait le moyen d’en faire une magistère.
- Stop.
Mirlina canalisait une fois de plus la magie arcanique. Son visage d’habitude si beau et si gracieux était tordu par la concentration, et marqué par la fatigue. Elle développa l’énergie entre ses long doigts fins, la manipulant avec attention. Finalement, le pouvoir crépitait dans ses mains. Avec un sourire fier, elle relâcha l’attaque sur le mannequin et tomba à genou. Le déflagration s’évapora dans l’air après avoir parcouru une courte distance. La jeune Duchesse tremblait de tout son corps, exténuée. Elle soufflait fortement. Son regard chercha son père qui s’était approché d’elle. Elle aurait voulu réussir. Elle voulait vraiment arriver à le rendre fier d’elle.
Telderis posa un regard dur sur sa fille.
- Demain tu retournes à l’école. Tu as intérêt à faire des efforts.
Avec un air indigné, la jeune elfe se redressa. Mais son père l’interrompit avant qu’elle n’ai pu dire le moindre mot.
- Suffit. Peu importe que tu en fasses déjà. Ils sont infructueux. Une menace grandit au sud, dans nos terres. Je suis dépêché sur place. A mon retour, je veux que tu saches manier plus qu’une boule de feu !
Mirlina baissa les yeux, au bord des larmes. Elle tremblait, mais de rage et de tristesse maintenant.
- Cesse de pleurnicher. Rappelle moi la devise de la famille.
D’une voix peu assurée, elle répéta ce que son père lui avait dit des centaines de fois.
- Maître de magie….Dominateur de l’arcane… Nous sommes les champions des elfes… La faiblesse n’a pas sa place…Le fort survit et conquiert, connu et reconnu de tous… le faible tombe et meurt dans l’oubli, renié de tous… Nous sommes les Aube-Glorieuse…La plus grande et puissante famille qui soit..
Teledris se détendit un peu et sourit à sa fille, l’aidant à se redresse correctement.
- C’est bien. Allons, ce n’est pas ainsi que dois se tenir une dame. Alors nous sommes d’accord Mirlina ?
Elle acquiesça en balbutiant.
- O-oui père…M…Ma..
- Quoi ?
Elle posa sur lui un regard empli de peine d’où les larmes s’apprêtaient à jaillir tel un torrent.
- M’aimez-vous ?
Elle déglutit. Elle n’en revenait pas d’avoir osé le demander. Son père se pinça les lèvres en la dévisageant durant une seconde qui lui parut une éternité. Finalement, il lui répondit avec un regard et un ton indulgent.
- Tu es ma fille. Chair de ma chair, sang de mon sang. Je suis à tes cotés depuis ta plus tendre enfance. Tu es ma plus grande fierté. Et tu le deviendras encore plus, en devenant une magistère renommée.
Mirlina ne répondit pas et baissa les yeux. Les larmes roulèrent sur ses joues sans qu’elle ne puisse les arrêter. Elle n’aurait su dire pourquoi. Depuis sa plus tendre enfance, elle était persuadée que la fierté était synonyme d’amour et que son père l’aimait donc. Mais ces paroles sonnaient creuses aujourd’hui, désespérément. Elle enfouie son visage entre ses mains et repartit dans la maison familiale d’une démarche hasardeuse, laissant son père derrière elle.
Ce dernier poussa un soupir et la suivit.


Cela faisait maintenant quelques jours que le Duc Aube-Glorieuse avait quitté Lune d’Argent. Les rapports sur le fléau s’étendant au sud et ayant ravagé Lordaeron parvenaient à grande peine à la famille royale elfe. Quelques troupes avaient été envoyés protéger Quel’thalas, et depuis plus rien. Les forêts elfique étaient, disait-on, imprenable. Le puits solaire lui-même abreuvait les défenses montés par la Haut-elfes, permettant de repousser n’importe quel envahisseur. Du moins, c’était censé fonctionner ainsi. Pourtant, un choc secoua la cité de Lune d’Argent.
- Qu’est-ce que c’était que ça ?!
Des cris affolés s’élevèrent dans le bâtiment. Les professeurs et leurs élèves sortirent dans les couloirs pour se rejoindre dans l’amphithéâtre. Une nouvelle secousse ébranla le bâtiment. Les jeunes mages étaient affolés. Leurs maîtres tentaient de ramener le calme. L’un d’eux se tourna vers Mélhora, une jeune femme très douée, promit à un grand avenir. La jeune magistère avait un don pour ressentir les choses et les voir même de loin, un peu comme de la divination.
- Que se passe t-il bon sang ?!
Elle ouvrit les yeux, tremblant de tout son corps.
- Je ressens… La noirceur…Les ténèbres…Une sombre puissance ravage nos terres…et..
Avant qu’elle n’ait pu terminer sa phrase, l’école fut prise d’une nouvelle secousse.
- Ok je vois… On évacue !
Les mages firent sortir leurs jeunes élèves dans les rues de Lune d’Argent. Des volutes de fumée s’élevaient de la partie ouest de la ville.
- Quelle est la procédure en cas d’attaque ?
- Il n’y en a pas ! On est censé être à l’abri !
Avec un juron, le mage en chef attira le groupe vers les quartiers royaux. Des flammes léchaient les murs à l’ouest de la cité. Des projectiles étranges perçaient les cieux et venaient s’abattre sur le sol. Une forte odeur de fumée et de chair putréfiés vinrent titiller les narines du petit groupe. La brume redescendit sur la ville et la noya.


Mirlina et quelques uns de ses camarades se retrouvèrent séparés du groupe.
- Mais ou sont-ils ?!
- On les a perdu…
- Oh non, merde merde merde !
Mirlina poussa un soupir d’exaspération. Finalement, ces camarades n’avaient pas une once de courage.
- La ferme ! On n’a qu’à se trouver un abri. Par là !
Elle pointa du doigt un mur proche. Avec peu de convictions, les jeunes mages la suivirent et longèrent le mur un bon moment. Finalement, ils s’arrêtèrent, à bout de souffle. La fumée leur brûlait les yeux et irritait leur gorge, les faisant tousser.
Un petit son retentit face à eux. De la brume surgit une goule en décomposition, suivie par une autre et encore une derrière. Le sang de la jeune Duchesse ne fit qu’un tour. Elle se plaça entre les créatures et ses compagnons et fit danser au bout de ses doigts des langues de feu. Elle concentra toute cette énergie et la relâcha d’un coup. La boule de feu jaillit et explosa au contact du monstre qui prit instantanément feu et tomba sur le sol. L’elfe répéta l’opération deux fois sous le regard médusé de ses camarades qui ne firent aucun geste. La troisième goule émit un ultime râle plaintif en s’écroulant dans une gerbe de flamme. Mirlina se retourna avec un sourire triomphant face à ses amis.
- Voilà comment on gère une situation critique !
Une nouvelle créature s’extirpa du brouillard et se jeta sur le petit groupe. La jeune Duchesse fit volte face, concentrant à nouveau ses pouvoirs. Au même moment, la cité fut prise d’une terrible secousse. Un changement dans l’air fit frissonner l’elfe. La scène se déroula au ralentit devant elle. Son corps se figea. Elle sentit son énergie magique s’échapper d’elle, comme aspirée à l’extérieur. Le feu s’éteint dans ses mains. La goule sauta dans les airs. Elle recula d’un pas, effrayée et poussa un cri de terreur. Une déflagration arcanique oxyda l’air et frappa la créature en pleine poitrine, la rejetant violement au sol. Elle se redressa et retourna à l’assaut. Une boule de feu fendit l’air et pulvérisa la mort vivant en plein vol, ne laissant qu’un petit tas de cendres.
- Vous voilà enfin !
Le directeur de l’école se précipita sur le petit groupe, rapidement suivi par trois professeurs.
- Vous allez bien ?
Le regard de l’elfe se posa sur chacun de ses élèves, attendant une réponse. Pour toute réponses, ils acquiescèrent. Mirlina quant à elle n’avait pas bougé. Elle tremblait de tout son corps et regardait ses mains, incrédule, apeurée. Les magistères emmenèrent les adolescents vers un bâtiment abandonné. Le vieux mage se pencha sur la jeune Duchesse et la regarda dans les yeux. Elle répondit en baissant le regard, des larmes roulant sur ses joues. Elle avait le teint livide.
- Je l’ai perdu…Perdu…Perdu..
- Mirlina…Qu’avez-vous perdu ?
Elle releva la tête et fixa un point invisible derrière lui. Elle tremblait de tout son corps, ses doigts s’enroulant les uns autour des autres, crispés. D’une voix plus assurée, comme si c’était évident, elle reprit.
- Je l’ai perdu. Il est parti… Parti…
- Est-ce le puits solaire Mirlina ? Est-ce ça que vous avez perdu ?
Elle ne répondit pas et fixa ses mains. Mélhora posa une main sur l’épaule du Doyen.
- Monsieur..
- Elle est en état de choc..
Le vieil elfe se releva et posa son regard sur la jeune magistère.
- Vous l’avez senti vous aussi n’est-ce pas ?
La concernée acquiesça.
- Une force obscure marche sur nous…Le puits solaire…
Elle regarda autour d’eux, s’assurant que personne ne pouvait les entendre, et baissa la voix.
- Le puits solaire n’est plus…

_________________
- Lühanne, soins ! Mais qu'est-ce qu'tas foutue bordel ?
- Euh... Quoi ça ? < était afk > Han, j'ai eu une déco serveur !


Revenir en haut Aller en bas
Kiarann
Ancien
avatar

Messages : 698
Date d'inscription : 25/04/2009
Age : 33
Localisation : Brest

MessageSujet: Re: Mirlina : De la magie à l'Obscurité.   Jeu 09 Juin 2011, 19:30

*clap clap clap*
encore encore encore
bounce bounce bounce
Revenir en haut Aller en bas
Linaehwen
Orbeux(se)


Messages : 267
Date d'inscription : 12/05/2009
Age : 35
Localisation : Surgeres

MessageSujet: Re: Mirlina : De la magie à l'Obscurité.   Ven 10 Juin 2011, 01:18

C'est quand que l'on a les dessins qui illustrent la partie dalaran? ^^
Sinon respect.
voila j'ai commenté. xD
Alors la suite, quand elle rencontre la maitresse Linaehwen, maitresse minouche!?
Revenir en haut Aller en bas
Kiarann
Ancien
avatar

Messages : 698
Date d'inscription : 25/04/2009
Age : 33
Localisation : Brest

MessageSujet: Re: Mirlina : De la magie à l'Obscurité.   Ven 10 Juin 2011, 11:39

elle va sans doute te rencontrer en pvp lina ^^
mouahahahahaha
Revenir en haut Aller en bas
Lühanne
Orbeux(se)
avatar

Messages : 303
Date d'inscription : 14/05/2010
Age : 29
Localisation : J'vais pas vous l'dire !

MessageSujet: Re: Mirlina : De la magie à l'Obscurité.   Ven 10 Juin 2011, 13:54

C'est une manie chez toi Lina xD

Lühanne - Qui ne fait plus de pvp.

_________________
- Lühanne, soins ! Mais qu'est-ce qu'tas foutue bordel ?
- Euh... Quoi ça ? < était afk > Han, j'ai eu une déco serveur !


Revenir en haut Aller en bas
Linaehwen
Orbeux(se)


Messages : 267
Date d'inscription : 12/05/2009
Age : 35
Localisation : Surgeres

MessageSujet: Re: Mirlina : De la magie à l'Obscurité.   Ven 10 Juin 2011, 14:40

Un jour, dans une brume épaisse et humide, Mirlina ressenti une puissance immense, la brume s'atteinuant petit à petit, elle vit la fameuse déesse minouche, celle que tout le monde respectait en terres d'Azeroth. C'était elle, oui elle, Linaehwen, la grande, l'imbattable, la sublicime maitresse des maitresses minouche.
Face à une telle puissance dégagée, Mirlina fut obligée de s'agenouiller devant elle, comme fit toutes personnes croisant le regard de la déesse.


Dernière édition par Linaehwen le Sam 11 Juin 2011, 11:50, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Lühanne
Orbeux(se)
avatar

Messages : 303
Date d'inscription : 14/05/2010
Age : 29
Localisation : J'vais pas vous l'dire !

MessageSujet: Re: Mirlina : De la magie à l'Obscurité.   Ven 10 Juin 2011, 15:46

Ava pas nan ? ><




Chapitre 4 : Le destin des Aube-Glorieuse.


Les jours s’étaient écoulés comme tant de pleurs et de souffrances depuis la destruction du puits solaire. La société elfe se redressait comme elle pouvait, tentant tant bien que mal de reprendre la cité de Lune d’Argent. Les roturiers mettaient tous la main à la pâte pour nettoyer les rues et reprendre le cours de leur existence. Mais le manque du puits solaire se faisait déjà ressentir tel un drogué en manque. Les elfes étaient rapidement à bout de forces et sans volonté. La perte de leur source d’énergie constituait un état de manque que rien ne semblait pouvoir combler. Même la technologie elfe en pâtissait car elle était directement relié au puits solaire.
Telderis tournait en rond dans sa somptueuse maison miraculeusement indemne et fulminait de rage.
- Bande d’incompétents sans cervelle ! T’en foutrait moi du « On pouvait pas prévoir » !
- Telderis, je t’en prie, tu me donnes mal au crâne..
Sa femme venait de lui parler d’un ton suppliant. Elle enfouit son visage dans ses mains et prit une profonde inspiration. Son corps tremblait légèrement.
- Le puits solaire…
- Nous sommes forts Salrema ! Nous sommes les Aube-Glorieuse ! Le puits solaire n’était qu’un outil ! Jamais nous ne succomberons à sa perte !
Il prit son épouse dans ses bras et la berça un instant. Puis, il posa son regard sur sa fille qui attendait sur un fauteuil, tremblotante, comme une droguée en manque et son sang ne fit qu’un tour. Il se leva d’un bond, s’approcha d’elle, et parla d’une voix forte laissant transparaître le mépris.
- Quant à toi ! Tu vas te débrouiller, je ne me fiche de savoir comment, mais tu vas récupérer tes maigres pouvoirs, tu m’entends ?!
La jeune fille ne leva pas le regard et resta blottie dans le siège, lovée contre le dossier. Telderis frappa les bras du fauteuil dans un accès de rage.
- Et regarde moi quand je te parle !
Mirlina leva les yeux et posa un regard apeurée sur son père d’où découlait une profonde détresse.
- Je me fiche de ce que tu peux ressentir ! Tu as trop comptés sur le puits, et tu le payes maintenant ! Tu vas trouver un autre moyen d’utiliser la magie, ou alors je te promet que tu le regretteras amèrement. Me suis-je bien fait comprendre ?!
La jeune elfe resta tétanisée un instant, puis coula son regard sur celui de sa mère d’un air suppliant. Cette dernière se leva à son tour et cracha quelque paroles à sa fille.
- Ton père a raison. Tu es notre honte ! Ressaisis-toi ou disparaît de ma vue !
Sans demander son reste, la Duchesse monta les escaliers et claqua la porte de sa chambre. Mirlina l’avait suivi des yeux jusqu’en haut, puis reporta lentement son regard sur celui de son père qui la fixait d’un air dur et menaçant. Elle acquiesça faiblement, apeurée.
Telderis poussa un soupir et monta à la suite de sa femme, laissant sa fille seule, en marmonnant pour lui-même sur un ton de mépris.
- Petite créature faible et pathétique…tsss.
Mirlina resta lovée contre le fauteuil, tremblante, puis éclata en sanglot.



Les semaines passèrent et la cité elfique se relevait péniblement. La partie Est de la ville avait été restaurée et la vie reprit son cours. Le prince Kael’thas, descendant du trône, avait fait alliance avec le dénommé Illidan, un puissant elfe de la nuit ayant absorbé des pouvoirs démoniaques. Contre la promesse de trouver un moyen de sauver son peuple, le successeur au trône avait offert ses services au puissant Illidan. Des cristaux à la couleur verte avait été acheminés dans la cité de Lune d’Argent ainsi qu’une créature nommée Naaru. La puissance magique de cette entité de lumière fut attribuée aux chevaliers de sang, un ordre d’anciens paladins. Rommath, magistère au service de Kael’thas revenu à Lune d’Argent, apporta avec lui toutes ces choses et bien plus encore. Il conta à son peuple les aventures de son prince et leur apprit la ponction de mana, pour drainer les énergies magiques des autres races. Le mage ne mentionna jamais le nom d’Illidan et promit le retour du souverain légitime de Quel’Thalas. De ce fait, les elfes ignoraient tout de l’alliance. Les premiers déshérités apparurent après les débuts de la ponction, absorbant tout et n’importe quoi.
Mirlina s’essaya à tout pour retrouver sa connexion avec la magie. Elle apprit à ponctionner la mana, absorbant celle du naaru, des cristaux, d’autres créatures. Mais à chaque fois elle terminait à plat ventre, son corps prit de convulsions. La jeune Duchesse perdait petit à petit l’éclat brillant de ses yeux jusqu’à ce qu’ils finissent ternis. Pour combler la perte du puits solaire, la jeune fille but une potion de mana. Mais son corps fit une violente réaction allergique. Son corps se couvrit de plaques rouges et elle vomit tout le contenu. Mirlina dut se rendre à l’évidence. Elle était devenue allergique au mana et avait perdu toute chance de réutiliser la magie. Dépitée, elle rentra dans la demeure familiale.


- Tu quoi ?
Mirlina évita le regard de son père, tremblante. Elle parlait d’une voix hésitante.
- Je…J’ai tout essayé père…Je…Ne ressens plus la magie…
La jeune fille montra ses avant bras couverts de plaques rouges.
- Je suis allergique…
Telderis fusilla sa fille du regard, son visage se tordant sous la colère. Il attendit quelque secondes, puis explosa, sa voix résonnant dans toute la maison.
- QUOI ?! Tu sais ce que ta mère et moi avons risqué pour toi ?! Et toi, tu nous dis : « Je suis allergique au mana, je ne ressens plus rien, merci mais j’arrête. » Et tu crois qu’on va te laisser faire ?
- Mais…J-j’ai tout essayé…Tout…
- Donc, c’est fini ? Tu étais prévenue Mirlina… Dégage !
Mirlina regarda son père dans les yeux, d’un air suppliant.
- Qu-quoi … ?
- Tu m’as très bien compris ! Tu n’es rien… Tu n’es pas notre fille…. Notre fille est puissante. Elle connait la magie, sait l’utiliser, la plier à sa volonté. Toi, tu n’es rien. Je ne te connais pas.
La Duchesse Aube-Glorieuse descendit de sa chambre et se plaça au coté de son époux.
- Nous te déshéritons. Désormais, tu ne peux plus prétendre au nom des Aube-Glorieuse. Tu n’es plus notre fille. Disparais sur le champs. Et estime-toi heureuse de garder ce que tu as sur le dos.
- Oui, va t-en.
Mirlina recula de quelques pas, éberluée. Non, c’était impossible. Elle ne pouvait pas avoir bien entendu. Ses propres parents la chassait comme une vulgaire mendiante ?
- Père…mère..
- Disparais !
L’ex Duchesse hésita un instant, les dévisageant avec une totale incompréhension, puis s’enfuit en courant dans la cité. Elle couru ce qui lui sembla des heures, cherchant à fuir cette vie qui venait de lui être retirée. A bout de souffle, haletante, la jeune fille se laissa choir contre un mur et éclata en sanglot.



Les jours passèrent et la faim tenaillait la jeune elfe. La soif de magie brûlait encore légèrement ses veines, et de temps à autres, elle s’autorisait une petite ponction sur un cristal démoniaque, donnant un très léger teint verdâtre à ses yeux toujours bleus. Mais la réaction allergique annihilait très rapidement la sensation de bien être en résultant, et Mirlina finit par abandonner totalement la magie. Mais son ventre gargouillait toujours lui. Elle devait trouver un moyen de se nourrir. Les quelques jours passés dans la rue l’avait rendue méconnaissable. Elle d’habitude maquillée et si bien habillée était aujourd’hui en haillon et avait le visage crasseux. D’une façon peu habile, elle se faufila derrière un étal marchand rempli de pommes. L’eau à la bouche, l’ex Duchesse avança une main tremblante vers l’un des fruits. Deux hommes conversaient à proximité.
- Tu es au courant de ce qui est arrivé à la famille Aube-Glorieuse ?
- Quoi donc ?
L’elfe se figea à quelques centimètres de sa proie et tendit l’oreille. Elle tremblait de tout son corps. Quelqu’un se souciait-il de ce que sa famille lui avait fait ? Le premier homme reprit la parole sur le ton de la conversation.
- Il parait qu’ils ont du abattre leur fille devenue déshérité.
- La jeune… Euh… Mirlina ?
- Exactement.
- Dommage…elle avait…du chien…
- Pas faux.
Les deux hommes se mirent à rire. Le sang de la jeune elfe ne fit qu’un tour. Voilà donc tout ce qu’elle était ? Un objet de désir. Elle fulminait de rage.
- Enfin, c’est triste quand même.
- Oui…Et apparemment, Telderis et sa femme ne s’en sont pas remis.
- Déprime ?
- Tu n’es pas au courant ?
- Non, quoi ?
- Ils ont ponctionné à mort leur femme de chambre, puis deux gardes et se sont échappés dans la partie ouest de la ville, celle en ruines. Ce sont des déshérités aussi maintenant.
- Ce sont eux ce crime horrible ?!
- Absolument.
- Seigneur…
Mirlina avait du mal à respirer. Son corps tremblait, mais ce n’était pas du à la soif de magie. Elle avait du mal entendre… Malgré ce qu’ils avaient fait… Ils restaient ses parents ! Elle chassa ce genre de pensées. Ils l’avaient déclaré morte après tout. Elle prit une profonde inspiration et attrapa la pomme à portée de main, puis parti en courant. Elle se cogna contre l’étal, faisant tomber plusieurs fruits dans un bruit assourdissant.
- HEY !
Le marchand fit volte face et lui couru après, laissant son compère derrière. Il ne lui fallut pas longtemps pour la rattraper. Sans faire de manière, il la plaqua au sol. La jeune fille poussa un cri de douleur et de désespoir.
- Sale voleuse !
L’homme récupéra son bien et souleva brutalement la jeune elfe par ses haillons.
- On aime pas les voleurs ici !
- P-pitié mon seigneur… Je meurs de faim…
- ça n’est pas mon affaire ! Déguerpis ! Et estime-toi heureuse que je ne te signale pas aux gardes !
Il repoussa la mendiante brutalement, la faisant retomber au sol et reparti vers son étal qu’il remit en état. Mirlina se releva et s’en alla en se tenant le ventre. Sa vision commençait à se troubler. Bientôt, elle aussi serait retrouvée morte si les choses continuait ainsi.
- Hey fillette.
Un homme couvert de crasse, visiblement borgne si on en croyait le bandeau couvrant son œil gauche, s’approcha d’elle.
- Tiens.
Il lui tendit une pomme. Mirlina regarda le fruit puis l’homme sans comprendre.
- Je sais ce que c’est de mourir de faim. Prend là.
Mirlina prit le fruit dans sa main et hésita une seconde.
- Merci…
Elle croqua dedans à pleine dent. Le mendiant sourit.
-Suis-moi, j’vais t’apprendre la dure loi de la rue.
L’elfe parti sans un regard en arrière. Mirlina réfléchit un instant, puis opina et rattrapa son mystérieux sauveur.

Dans les jours qui suivirent, Mirlina apprit à réutiliser sa compétence d’invisibilité pour se procurer à manger. Malgré son manque d’agilité, elle parvint à survivre et à se nourrir convenablement. Son sauveur était reparti mais lui avait fait un cadeau inestimable : Une chance de survivre.
Ainsi était sa nouvelle vie, une mendiante qui volait pour survivre dans une cité qu’elle avait jadis regardé de haut, dans le luxe. Finalement se dit-elle, le destin avait un drôle de sens de l’humour pour avoir ainsi plonger sa famille dans les ténèbres.



_________________
- Lühanne, soins ! Mais qu'est-ce qu'tas foutue bordel ?
- Euh... Quoi ça ? < était afk > Han, j'ai eu une déco serveur !


Revenir en haut Aller en bas
Lühanne
Orbeux(se)
avatar

Messages : 303
Date d'inscription : 14/05/2010
Age : 29
Localisation : J'vais pas vous l'dire !

MessageSujet: Re: Mirlina : De la magie à l'Obscurité.   Ven 10 Juin 2011, 19:51

( Attention aux âmes sensibles... Ce chapitre est interdit aux moins de 18 ans ! Emmenez vos enfants loin de l'écran.... Bonne lecture....)





Chapitre 5 : Une rencontre inattendue.


Les ombres se mouvaient sur la petite ruelle, grandissantes au fur et à mesure que la lumière du jour déclinait. Il faisait doux en cette soirée d’été. Mirlina furetait à la sortie de l’auberge, détroussant quelques riches nobles venue fêter quelque mariage, acquisition de pouvoir ou que savait-elle encore. Autrefois, elle faisait partie de cette communauté. Autrefois, elle était avec eux, parlant, buvant, riant, et ne ce souciant guère plus des mendiants. Si par quelconque hasard elle était venue à en croiser un, elle l’ignorait tout simplement ! Jamais elle ne c’était abaissée à leur parler, ou encore à les regarder. Et au grand jamais à les rabaisser. Pourtant, nombre étaient les nobles a le faire, comme le couple face à elle qui se moquait d’une personne dans sa situation. Ah ! Qu’ils semblaient fier dans leurs beaux atours dignes d’aristocrate. L’homme portait même un monocle. Son smoking noir était impeccable, tout autant que sa queue de pie qui ne laissait que par moment entrevoir une bourse bien pleine. Sa femme quand à elle n’était pas en reste. Elle semblait accaparer la lumière et la renvoyer tant elle brillait.
« Elle a abusée des paillettes » se dit la jeune elfe.
Le pauvre vagabond semblait au bord des larmes devant les moqueries de ce couple si snob. Il les regardait tour à tour, les mains devant lui, prêt à recevoir une quelconque donation qui n’arriverait probablement jamais.
Délicatement, Mirlina s’approcha d’eux, feignant l’indifférence et se plaça dans leur dos. Elle leur tourna le sien, et d’un mouvement vif et agile sectionna de sa petite lame, sûrement celle d’un rasoir, la ficelle retenant la bourse de l’elfe qui tomba dans sa main, et repartie comme si de rien n’était, sifflant presque sur un air enjoué. Au coin de la rue, elle adressa un clin d’œil au mendiant faisant les frais des moqueries de ses victimes, puis disparue.


Après de longues minutes, alors que Mirlina comptait son butin, le nécessiteux s’assit face à elle. Il avait essuyé ses débuts de larmes, laissant des traces clairs sur sa peau couverte de crasse.
- Alors ? Combien ?
Elle lui adressa un petit sourire.
- De quoi s’acheter à manger pour une soirée ou deux, sans plus.
Le jeune elfe attrapa la bourse d’un geste vif et la vida sur le sol, laissant les pièces rouler un peu partout dans un tintement métallique, puis grogna. Ses traits durs se renfrognèrent davantage, lui donnant un petit coté méchant garçon qui n’était pas pour déplaire à Mirlina. D’un geste rageur, le nécessiteux envoya la bourse vide contre le mur derrière l’elfe.
- A peine cinq pièces d’ors…
- Il faut croire que même les riches commencent a voir le bout de leur fortune.
- ça ne les empêche pas de se moquer et de se comporter comme de parfaits vaniteux abrutis !
L’elfe attrapa quelques pièces, puis se redressa.
- Je crois qu’on va devoir refaire cavalier seul Mirlina… On n’arrivera plus très longtemps à séparer le butin en deux à ce rythme…
Mirlina croisa son regard avec une légère crainte.
- T-tu n’es pas sérieux ? On trouvera bien un moyen…
- Non. On ne trouvera rien ( Dit-il d’un geste de la main, coupant court à la discussion ). Tu sais aussi bien que moi que c’était temporaire. Tu es une fille sympa Mirlina.. Mais dans la rue… Nous sommes tous seul… Je suis désolé. Je te souhaite de survivre.
Et sans attendre de réponse, le vagabond s’en retourna et disparut parmi les allées de la cité, laissant son ex-collègue seule, abandonnée une fois de plus, devant quelques maigres piécettes.

Mirlina ne bougea pas, le regard fixé sur le coin de rue, attendant un hypothétique retour de son ami qui ne reviendrait jamais. Ses pensées se bousculèrent dans sa tête. Elle était apaisée. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle accusait le choc avec sérénité. Elle repensa à ses parents qui l’avaient abandonnée il y a quelques mois, à la colère, la détresse qu’elle avait ressenti.
« Être abandonnée est monnaie courante…Chacun pour soi. »
Elle poussa un soupir et ramassa les pièces qui traînaient devant elle avec une certaine amertume. Il lui faudrait trouver un endroit où dormir ce soir. Mais pour l’heure, elle allait pouvoir se nourrir ! Ainsi, Mirlina se dirigea d’un pas sûr vers l’auberge et profita d’un bon repas bien chaud, oubliant pour l’heure tout les soucis de la journée, de la veille, de sa vie.
L’auberge était paisible à cette heure mis à part un petit groupe de jeunes Quel’dorei chantant et hurlant tout en buvant de l’alcool jusqu’à plus soif. Il faisait même légèrement trop de bruit d’après Mirlina, mais elle ne se laissa pas distraire, et ne les regarda à aucun moment. La salle était chauffée et un doux fumet montait des cuisines. La jeune femme commença à somnoler et finit même par s’endormir, jusqu’à ce que le gérant vienne la mettre dehors en la traitant de mendiante. Bah, il était bien content quand je lui payais sa nourriture maugréa-t-elle pour elle-même tout en sortant de l’auberge. Le groupe de jeune bourrés la talonnait de près.

Sans prêter attention à eux, Mirlina bailla tout en s’étirant un peu et s’approcha du coin de rue pour se trouver un bon endroit où passer la nuit. L’un des jeune noble se rapprocha d’elle. Il empestait l’alcool et semblait à peine tenir debout. A la vue de ses habits et de sa coiffure quelque peu ébouriffés par une nuit de débauche, elle en conclut rapidement qu’il était riche, et surtout, mage. En forçant un peu sa mémoire, Mirlina reconnu bien vite l’elfe. Elle se souvenait parfaitement de cet étudiant presque modèle qui venait à chacune de ses fêtes, toujours en avance avec de très bonnes manières : Oxyl. L’intéressé ne sembla pas la reconnaître et s’accrocha au mur, les jambes manquant s’effondrer sous lui. Il avait la bouche pâteuse et parlait d’une voix lente, comme s’il cherchait chacun de ses mots. Avec beaucoup de difficulté, il réussit à articuler.
- T-tu….veeeeeux….D’l’aargent facile, ma mignonneuh ?
Ses trois compères les fixaient et pouffaient de rire. Mirlina se doutait bien que c’était là une farce cruelle qu’ils faisaient à ce pauvre Oxyl dont l’alcool taisait quelque peu la timidité. Avec tout le calme dont elle était capable, elle sourit et lui répondit.
- Je ne suis guère intéressée monseigneur… Seule ma couche m’importe.
Le jeune mage la fixa béatement une longue minute, fermant de temps à autre un œil, semblant évaluer la situation.
- Maaaais…J’te reconnais….Hips ! T…t’es Mirnichat ! Euh…Mirniii…Nirmi… Mirlina ! Ooouuui ! Mirlina !
- Q-quoi ? Je.. Non non !
Elle recula d’un pas. Elle ne savait pas comment, mais il l’avait reconnue. Une peur panique la tirailla. Pourquoi était-elle si effrayée ? Ils sauraient qui elle était et après ?
- Aaaaah si si si ! J’suis formel ! …Hips !
Les trois autres ne riaient plus et s’approchèrent d’une démarche légèrement moins hasardeuse qu’Oxyl un peu plus tôt. Celui-ci continuait de confirmer.
- Si si ! La craasseuh en moins, et … Hips ! C-c’est tout bon !
Le plus costaud du groupe rapprocha son visage à quelque centimètre de celui de la jeune fille et la fixa dans les yeux durant quelques secondes. Son visage s’illumina et il poussa un cri de triomphe.
- Mais oui ! C’est bien elle !
Les mages l’entourèrent rapidement en ricanant, affichant des sourires peu réconfortant. Celui derrière elle caressa ses cheveux.
- Si j’m’attendais ! ( Il porta les cheveux à son nez et huma le parfum puis prit un air dégouté.) Tu sens affreusement mauvais !
Celui à droite enchaîna.
- Et tu es toute sale ! ( Il la prit par la taille, l’invitant à se coller à lui. ) huum… T..Tu t’souviens nos folles nuits ?
-V-vous devez faire erreur… J-Je ne suis pas celle que vous croyez…

La peur allait en grossissant, formant une boule dans sa gorge. Voilà de quoi elle avait peur ! Ce retour en arrière, à cette vie de débauche, de lubricité. Elle tenta de conserver un visage neutre. Mais il était déformé par la peur. Le noble face à elle la prit à son tour par la taille, posant une main sur ses fesses.
- Alooors…. On veut nous faire croire qu’on se trompeuh ? Moi…( Il empoigna les fesses, les malaxant sans gêne ) je reconnaitrais ce joli p’tit cul n’importe où !
- Lâchez-moi !
Elle paniquait de plus en plus et commença à se débattre et à hurler. Mais le groupe se serra autour d’elle, riant à gorge déployée. Une main dans le dos de la jeune femme se referma sur sa bouche, maintenant sa mâchoire fermée. Les deux sur les cotés lui attrapèrent les bras, la maintenant fermement. Le dernier passa sa langue sur ses lèvres, l’excitation sur lisait dans ses yeux.
- On va s’rappeler l’bon vieux temps toi et moua… T’vas voir ma belle ! Et t’as pas intérêt à crier…
Il commença à défaire son pantalon, dévoilant un phallus déjà bien tendu. Mirlina tenta de reculer, des larmes coulant de ses yeux. Elle tremblait tant elle avait peur. Elle se débattait furieusement pour faire lâcher prise à ses ravisseurs, ses doigts battant l’air et leur visage. Mais ils restaient plus ou moins stoïques, le regard fixé sur leur ami qui se masturbait lentement.
L’elfe déchira avec fougue les vêtements de sa prisonnière et caressa ses seins, puis sans attendre, la pénétra d’un doigt. Mirlina s’affaissa légèrement dans une nouvelle tentative pour se libérer. Elle tremblait de peur et en pleurait.
- Oh, déjà à genou ? On perd pas d’temps je vois !
Les autres ricanèrent et la firent mettre à genou.
- Suce !
L’homme derrière elle enleva sa main du visage de Mirlina. Elle poussa un cri de terreur et se débattit plus encore. Le chef du groupe lui donna une claque qui résonna dans la ruelle. Mirlina hoquetait, tremblante, les bras maintenus, le visage enflé par les larmes, à quelques centimètre à peine du sexe du jeune mage.
- Tu cris, je te frappe, c’est clair ?
Elle ne répondit rien, les yeux fixant le sol, frissonnante. Il lui releva la tête, la regardant au fond des yeux avec une lueur cruelle et menaçante.
- C’est clair ?!
Pour accompagner la parole, de sa main libre, il la menaça d’une nouvelle claque. Mirlina se recroquevilla comme elle put et acquiesça vivement.
- Alors….( Il relâcha son visage et prit son sexe à pleine main, pointant le gland décalotté devant la bouche de sa victime, caressant ses lèvres avec. ) Suce !
Complètement anéantie, tremblante, pleurante, gémissante de dégout et de terreur, la jeune elfe ouvrit lentement la bouche. Sans attendre, le chef du groupe y planta sa verge jusqu’au bout, arrachant un cri étouffé à Mirlina. La jeune elfe ne fit rien,, agitée de légers spasmes. Après quelques petits coups de bassins, l’homme poussa un soupir de consternation et sortit son sexe de la bouche de la jeune fille.
- Relevez là et tenez là !
Les autres s’exécutèrent, riant toujours. Ils relevèrent l’elfe qui était dans un état second, tétanisée, et lui écartèrent les cuisses. Mirlina n‘esquissa pas le moindre geste. Le mage frotta son pénis contre l’intimité de sa victime avec un rire gras. Il empoigna les cuisses de la jeune femme.


Le mage se figea soudainement et ouvrit de larges yeux exorbités puis s’affaissa lourdement sur le sol, son sang se répandant alentours. Les trois autres elfes l’examinèrent, incertains. Une dague était nichée à l’arrière de son crâne. Très vite, la panique les gagna, et ils scrutèrent les alentours. Ils étaient agités. Tout était silencieux dans la ruelle, aucune ombre ne bougeait. Un sifflement retentit aux oreilles de Mirlina, et une étoile de ninja se planta entre les deux yeux de l’homme derrière elle. Il chuta avec un bruit sourd dans un râle plaintif, mort avant de toucher le sol.
Les deux survivants lâchèrent la jeune femme qui tomba par terre sans lutter. Elle tremblait, des larmes roulant sur ses joues. Ils reculèrent précipitamment et firent volte face.
- Alors, on va quelque part ?
Les deux elfes se figèrent. Une femme se tenait face à eux, dans la pénombre. Ils n’arrivaient pas à distinguer ses traits, mais la peur les fit reculer. Elle fit un pas vers eux. La terreur déformait leur visage.
- On n’assume pas les conséquences de ses actes ?
L’assassin montra vaguement les deux corps inertes puis la jeune elfe tremblante.
- ça vous amuse de violer ? De faire du mal ?
Les yeux de la femme se rétrécirent jusqu’à devenir deux fentes luisantes d’un petit éclat bleu malveillant.
- Moi, j’adore …tuer !
Les deux mages hurlèrent de terreur et s’enfuirent chacun dans une direction différente. L’inconnue réapparue devant Oxyl et lui donna un coup de genou en plein ventre. L’elfe étouffa un grognement de douleur et se plia en deux. D’un geste presque imperceptible, elle envoya une nouvelle étoile dans la jambe de l’autre fuyard qui s’écroula au sol. Elle s’adressa au deux d’une voix nette et précise.
- Je vous laisse la vie contrairement aux deux autres. Mais si jamais vous refaites du mal à une femme… Je vous retrouverais personnellement. Est-ce que c’est bien clair ?
Ils déglutirent et acquiescèrent en silence, tétanisés. Elle souffla de mépris et rejoignit Mirlina qui n’avait pas bougée. Les mages se relevèrent péniblement, hésitant, puis filèrent en silence.

La femme se pencha au dessus de Mirlina et plaça une main sur son visage. Cette dernière la regarda, gémissante de peur, totalement effrayée, et se tortilla sur le sol pour s’éloigner.
- Non attend, je suis là pour t’aider !
La jeune elfe continuait de pleurer et de gémir. Elle tenta de se relever et chuta lourdement. Elle était agitée de tremblements, de spasmes. L’inconnue s’approcha doucement, et la prit dans ses bras. Mirlina chercha à se défaire de cette étreinte, mais la femme la maintint contre elle et la berça avec douceur.
- Tout va bien…Tout va bien…
Lentement, la jeune fille se calma, et se blottit dans les bras de sa sauveuse, se lovant contre elle, s’abandonnant à ce doux réconfort.
- N’ai pas peur…
La voleuse serra Mirlina avec plus de force, lui offrant l’abri de ses bras.

_________________
- Lühanne, soins ! Mais qu'est-ce qu'tas foutue bordel ?
- Euh... Quoi ça ? < était afk > Han, j'ai eu une déco serveur !


Revenir en haut Aller en bas
Kiarann
Ancien
avatar

Messages : 698
Date d'inscription : 25/04/2009
Age : 33
Localisation : Brest

MessageSujet: Re: Mirlina : De la magie à l'Obscurité.   Sam 11 Juin 2011, 00:48

hé bien hé bien hé bien...
c'est violent tout ça ! Tu avais bien dit qu'il n'y avait que 6 chapitres non ?
encore 1 a lire alors... vite vite vite !! LA SUITE !!
Va falloir nous écrire la suite ^^
Revenir en haut Aller en bas
Linaehwen
Orbeux(se)


Messages : 267
Date d'inscription : 12/05/2009
Age : 35
Localisation : Surgeres

MessageSujet: Re: Mirlina : De la magie à l'Obscurité.   Sam 11 Juin 2011, 11:53

O_______________________________O
Revenir en haut Aller en bas
Lühanne
Orbeux(se)
avatar

Messages : 303
Date d'inscription : 14/05/2010
Age : 29
Localisation : J'vais pas vous l'dire !

MessageSujet: Re: Mirlina : De la magie à l'Obscurité.   Sam 11 Juin 2011, 22:27

( J'essayerais Kiki Smile Mais là, je suis en plein sur mon récit personnel ( Pas tiré de wow quoi ), je m'occupe de la correction en vue de le présenter aux éditeurs. ( 16 chapitres... Smile). Donc, je sais pas quand j'aurais le temps. Mais tes encouragements me font chaud au coeur ! Smile
ça ne te plait pas Lina ? :/ ))



Chapitre 6 : Une nouvelle voie.



Une nouvelle aube pointait le bout de son nez sur la cité elfique. Mirlina ouvrit les yeux dans une chambre qui n’était pas la sienne, dans un lit qui n’était pas le sien. Un sentiment de malaise qu’elle ne pouvait identifier s’emparât d’elle. Ses poignets l’élancèrent, et elle les frotta. Ils étaient rougies de la veille. L’elfe se releva, laissant le drap qui la recouvrait tomber au sol. Elle était nue. Elle trembla. Avait-elle trop bue ? Se retrouvait-elle dans la chambre d’un, ou d’une inconnue ? Retournait t’elle à ce temps de débauche ? Elle frémit et s’enroula dans le drap qui s’adapta à ses formes. Elle poussa un soupir et détailla son environnement. La chambre était sobre. Les murs étaient décorés avec un unique tableau représentant une personne encapuchonnée avançant vers un bâtiment étrange, sous une pluie diluvienne. En dehors de ça, il n’y avait qu’un lit, sur lequel elle venait de se réveiller et une commode, ainsi qu’une armoire. Elle glissa ses doigts sur le drap et un frisson la parcourue. Le drap était en soie d’une qualité remarquable ! Elle le caressa un moment, oubliant tout ses soucis. Oubliant ? Mais oui, elle ne se souvenait de rien ! Intriguée, légèrement paniquée, Mirlina fouilla sa mémoire à la recherche de la raison de sa présence ici. Elle avait coupé les ponts avec son camarade de rue vu les maigres bénéfices qu’ils en retiraient chacun… Et après, elle avait prit un bon repas…Puis, le trou noir.
Continuant à fouiller sa mémoire, elle n’entendit pas la porte s’ouvrir, pas plus qu’elle ne sentit la personne qui se rapprochait dans son dos. Une main amicale se posa sur son épaule. Elle sursauta et se retourna pour faire face à cette personne. Elle découvrit une charmante elfe, plus vieille qu’elle, mais encore jeune et fort belle. Mirlina se prit à rougir un peu.
- Comment vous sentez-vous ?
- Je…euh…Bien… Merci…
L’inconnue sourit et prit les poignets de la jeune elfe.
- Je vais devoir soigner ça… Ils ont serrés fort… Vous vous en remettez ?
Mirlina se laissa faire, l’air déconcertée.
- Me remettre…de ?
Son hôte fronça les sourcils.
- Vous ne vous souvenez de rien ?
- Me souvenir de quoi ?
La voix de l’ancienne duchesse trahissait la panique. Sa compagne l’invita à s’asseoir sur le lit. Elle prit les mains de l’elfe dans les siennes et soupira.
- Comment vous appelez vous ?
- Je… Mirlina.
- Bien… Mirlina… Vous…
Elle se releva, mal à l’aise. Prenant sa respiration, elle enleva sa ceinture contenant étoiles et poignards et la déposa sur la commode. Mirlina fut prise de tremblements.
Son regard resta fixé sur l’étoile. Elle la vit fendre les airs, et sentit du sang chaud gicler sur elle. Mais ce n’était pas le sien. Elle sentit les mains qui la tenaient la lâcher et elle chuta. Ses poignets lui faisaient mal. Le sang battait à ses tempes. Son cœur tambourinait à tout rompre dans sa poitrine. Elle gisait sur le sol, paralysée, gémissante, pleurante. Elle entendait vaguement des cris de douleurs, de peurs autour d’elle, et une voix impérieuse. Mais elle ne les comprenait pas.
Un son la ramena à la réalité du moment. Elle ne savait pas comment, mais elle se tenait debout. Ses yeux croisèrent ceux de sa mystérieuse bienfaitrice, puis tout devint noir.



- Mirlina ? Mirlina !
La voix hurlait au dessus d’elle. L’air vibrait autour d’elle, formant des ondes au gré de la voix qui trahissait l’inquiétude. Mirlina se débattait avec des bras qui l’attrapaient, l’agitaient. Elle hurla, mais aucun son ne sortit de sa gorge.
Elle ouvrit soudain les yeux et hurla. La femme au dessus d’elle eut un mouvement de recul, surprise, puis enlaça l’elfe. Mirlina frémit et se débattit. Mais elle ne put se défaire de cette étreinte. Elle entendait une voix qui murmurait des mots réconfortants à ses oreilles, sans pour autant en comprendre le sens. Mais elle se détendit imperceptiblement, puis se laissa aller, les larmes coulant de ses yeux. Elle se souvenait de tout.
Les minutes s’écoulèrent ainsi, sans qu’aucune ne bouge. Finalement, la voleuse prit la parole.
- Vous vous sentez un peu mieux ?
Mirlina ne répondit rien, mais sentit la femme tenter de se lever. Elle poussa un petit gémissement plaintif et resserra son étreinte autour d’elle, s’accrochant désespérément à cette personne qui l’avait sauvée d’un viol. Elle finit par opiner. Et elles se relevèrent.




Les jours s’écoulèrent. Mirlina apprit que sa mystérieuse bienfaitrice se prénommait Eilaa. Et que celle-ci était une assassin professionnelle. Au début, la jeune duchesse avait été inquiète en apprenant cette nouvelle. Mais finalement, elle n’en tint pas compte. Leurs rapports évoluèrent, et elles devinrent amantes. Eilaa tenta tant bien que mal d’enseigner l’art du combat à Mirlina. Mais l’ancienne mage n’avait que peu de talent pour le corps à corps.
Mirlina passa les plus belles semaines de sa vie. Elle n’avait pas été aussi heureuse depuis longtemps. Eilaa partait souvent pour exécuter des contrats divers. Assassinat, espionnage, messagère… Mirlina se faisait toujours un sang d’encre pendant ces absences. Mais son amante finissait toujours par revenir.
Un jour, un messager se présenta à la jeune femme alors qu’elle travaillait. Elle avait trouvé un emploi comme serveuse à l’auberge près du lieu de son agression.
- Dame Mirlina ?
Dame… Un mot venant d’un autre âge. Elle sourit et opina.
- J’ai un message pour vous.
Mirlina signa le reçu et prit le parchemin. Elle remercia le messager qui partit sans attendre. Sans doute avait-il d’autres livraisons à faire… Elle déroula calmement le parchemin. Ce devait-être une lettre d’Eilaa. Elle avait l’habitude lorsqu’elle partait plus d’une semaine, de lui envoyer une lettre pour éviter que Mirlina ne s’inquiète. Mais la jeune femme fut déçue. Ce n’était pas l’écriture de son amante. Et elle portait le sceau de la…Guilde des voleurs. Les employés d’Eilaa. Mirlina sentit son cœur s’affoler. Elle parcourut rapidement le parchemin et tomba à genou, renversant le plateau posé à coté d’elle. Et elle éclata en sanglot.




Dame Mirlina,


Nous vous contactons à la demande d’Eilaa. Comme vous le savez certainement, elle faisait partie de notre guilde. Nous avons le regret de vous informer de son décès, suite à une mission secrète dans la Vallée de Strangleronce.
Croyez en notre amitié la plus sincère.

La guilde des Voleurs de Lune d’Argent.



Anéantie par le chagrin, Mirlina resta cloitrée chez son amante durant plusieurs jours. Jusqu’à ce que le propriétaire de l’appartement vienne ne le réclamer. Et une fois encore, la jeune femme se retrouva à la rue. Elle erra dans les rues de la cité et finit par arriver devant le bâtiment de la guilde.
« Ils pourraient t’aider je pense ma chérie. »
Un jour, Eilaa lui avait conseillé de venir ici… La jeune femme prit une profonde inspiration et franchit la porte.

_________________
- Lühanne, soins ! Mais qu'est-ce qu'tas foutue bordel ?
- Euh... Quoi ça ? < était afk > Han, j'ai eu une déco serveur !


Revenir en haut Aller en bas
Kiarann
Ancien
avatar

Messages : 698
Date d'inscription : 25/04/2009
Age : 33
Localisation : Brest

MessageSujet: Re: Mirlina : De la magie à l'Obscurité.   Sam 11 Juin 2011, 23:18

Merci a toi Lulu de nous avoir fait découvrir tes récits.
Vivement plus ^^
Revenir en haut Aller en bas
Linaehwen
Orbeux(se)


Messages : 267
Date d'inscription : 12/05/2009
Age : 35
Localisation : Surgeres

MessageSujet: Re: Mirlina : De la magie à l'Obscurité.   Dim 12 Juin 2011, 12:02

Si si c'était bien, mais vu que j'ai moins de 18 ans, j'aurai pas du le lire le chapitre 5. xD
Sinon bha merde pour ta présentation. ^^
Revenir en haut Aller en bas
Lühanne
Orbeux(se)
avatar

Messages : 303
Date d'inscription : 14/05/2010
Age : 29
Localisation : J'vais pas vous l'dire !

MessageSujet: Re: Mirlina : De la magie à l'Obscurité.   Ven 24 Juin 2011, 16:20

Chapitre 7 : Faire la paix.



Mirlina se redressa lentement dans son lit, les membres en feu. Elle se leva et se servit un verre d’eau fraîche. Ses yeux parcoururent la pièce et se posèrent sur sa commode. Une ceinture de cuir était négligemment posée dessus. Elle était composée de différentes petites bourses ainsi que de deux lames bien aiguisées. Cela faisait près d’un an que la jeune femme avait rejoint la ligue des assassins. Elle se remémora ces derniers mois et s’amusa de ces débuts, quand elle ne pouvait même pas lancer un simple couteau. Elle revit sa première tentative, et la lame rebondir sur le mur, a plus de deux mètres du mannequin. Aujourd’hui, les choses étaient bien différentes. Elle pouvait toucher une cible à plus de cinquante mètres et viser avec précision la zone qu’elle voulait. Ses yeux vagabondèrent dans la salle jusqu’à se poser sur la petite table à l’entrée de sa chambre. Un paquet l’y attendait. Intriguée, légèrement inquiète, la jeune femme s’en approcha prudemment. Elle ne se souvenait pas l’avoir vu en entrant la veille. Un petit papier attendait à coté, écrit à la main. Le rideau de sa chambre était légèrement entrouvert et un fin rayon de lune passait dans la chambre, donnant à la voleuse suffisamment de clarté pour déchiffrer le document. Après tout, les elfes avaient une bonne vision, même de nuit.
« Ceci est un petit cadeau. Considère là comme une avance pour ta première mission.
Fais-en bon usage.
Un ami. »

Rassurée, Mirlina défit la ficelle du paquet et écarta le papier pour découvrir un magnifique plastron en cuir noir avec de légères teintes rouge sombre. Il avait de multiples poches plus ou moins cachées. La voleuse porta le cuir à son nez et en huma le parfum. Il était neuf. Elle aimait vraiment cette odeur… Elle enfila le plastron et découvrit un pantalon, des brassards et des gants de la même matière. Elle s’en habille, récupéra sa ceinture et l’attacha. Puis, elle ramassa sa cape d’un rouge foncé, presque noir, et l’enfila avant de se placer devant son miroir. Elle se trouva magnifique. Les vêtements épousaient parfaitement ses formes, lui donnant un air charmeur mais également froid. Elle ramena les pans de sa cape sur le devant de son plastron et recula dans un coin sombre. Elle devenait pratiquement invisible. Avec un sourire, elle fouilla les poches et tomba sur un papier froissé.
« N’oublie pas les bottes. »
Mirlina haussa un sourcil et retourna à l’entrée. Mais le paquet était vide. Elle fronça les sourcils et regarda en dessous. Des bottes attendaient tranquillement ainsi qu’un éventail d’arme de jet. La voleuse prit les armes dans ses mains. Elle passa une main dans son dos et découvrit les emplacements prévus sur son plastron afin de les porter. Elle les y plaça et en garda une en main qu’elle soupesa. Le métal était léger et d’une finesse incroyable. Pour autant, il était solide et coupant. Elle visage son armoire et lança son couteau. L’arme fit vrombir l’air en sifflant avant de se ficher dans le bois jusqu’à la garde. Heureuse, l’elfe alla la retirer, avec un peu de mal. La légèreté et la finesse du métal lui octroyaient une vitesse et une puissance accrue. Avec un sourire, Mirlina rangea l’arme et enfila les bottes. Puis, elle avança d’un petit pas et sourit. Elle ne faisait pas un bruit. Elle accorda un regard vers ses anciennes bottes qui couinaient de temps à autres tant leurs semelles étaient usées. Bien que la nuit soit encore là pour quelques heures, elle sortit en silence et rejoignit la ligue.


Mirlina passa furtivement dans les couloirs, se plaquant des fois aux murs pour éviter un garde ou deux. Elle gravit silencieusement les marches et s’approcha d’un balcon. Sa cible était sur sa gauche. Un petit sourire se dessina sur les lèvres de la voleuse. Elle passa par-dessus la rambarde et s’y accrocha avec fermeté. Puis, elle se déplaça à la force des bras jusqu’au balcon suivant. Là, elle remonta et se laissa tomber en silence avant de se cacher derrière un rideau. Par chance, la fenêtre était ouverte. Elle dégaina l’une de ses lames, cachant l’éclat sous sa cape et jeta un coup d’œil dans le bureau. Sa cible était là, assise dans un fauteuil rembourré et doré. L’homme (Enfin, l’elfe) était penché sur son bureau, un document à la main. Mirlina s’humecta les lèvres, anxieuse. Elle sortit de sa cachette, rejetant sa cape en arrière, et rejoignit le fauteuil en deux enjambées silencieuses. Elle se redressa et passa sa lame sous la gorge de l’homme. Il sursauta.
- Que ?...
Mirlina éclata de rire, rangea sa lame et déposa un baiser sur le front de l’homme.
- Bon sang ! Mirlina ! J’ai failli faire une crise cardiaque !
Tout sourire, la jeune femme fit le tour du bureau et s’y appuyât.
- Ais-je fais de gros progrès, professeur ?
L’homme grommela.
- Moué, c’est pas mal…
- Pas mal ? Excellent oui ! Merci pour les vêtements.
L’homme sourit et s’adossa au siège.
- Tourne-toi un peu, que je voie ?
Mirlina fit un tour sur elle-même avec un large sourire, faisant virevolter les pans de sa cape.
- Magnifique.
Il lui indiqua un fauteuil. La jeune femme l’amena au bureau et s’y installa.
- ça change n’est-ce pas ?
- Oui. Vraiment. De plus, elle me va comme un gant. Je ne sais comment te remercier Mathias.
- J’avais mes habitudes avec toi. L’éclat de ta lame. Le couinement de tes chaussures… Il va falloir que je sois plus sur mes gardes !
Il lui fit un clin d’œil.
- J’ai eu un excellent professeur !
- Le meilleur !
Ils rirent. Mathias se servit un verre de vin et en proposa un à son invitée. Mirlina refusa poliment.
- Ah oui, j’oubliais, tu ne bois plus d’alcool, depuis…
Le silence tomba. L’homme se racla la gorge et offrit un regard désolé à son élève. Celle-ci haussa simplement les épaules.
- Tu parlais d’une première mission.
Mathias posa son verre.
- Oui !
Il fouilla dans un tiroir de son bureau.
- Au fait, tu n’as pas fais de mal aux gardes cette fois-ci ?
- Non. Je n’ai pas eu à le faire. Je n’en ai croisé qu’un seul, et il n’a pas été très regardant, prudent. La sécurité se relâche.
Mathias poussa un soupir.
- Avec toi, ils préfèrent se montrer moins sérieux.
Il sortit un parchemin, et le tendit à Mirlina. Celle-ci en défit la ficelle, et le déplia lentement avant de le lire.
- Une… épreuve ?
- Bien sûr. La première. Je t’ai enseigné tout ce que tu avais à savoir avec l’aide d’Alianna. Comment te mouvoir, te dissimuler et disparaître. De son coté, toutes les subtilités du combat… Le reste, c’est de l’expérience. Et tu n’en auras qu’en volant de tes propres ailes.
Elle déglutit.
- Tu penses vraiment que je suis prête ? Je veux dire... ça ne fait qu’une année…
- Et tu apprends à une vitesse folle ! Selon moi, tu es prête, bien que je trouve tes coups encore un peu faible. Tu vas devoir travailler cet aspect. Mais pour les épreuves, tu as tout ce qu’il faut.
Il lui sourit et elle acquiesça.
- Je vois qu’il est question des déshérités…
- La première partie du test concerne justement le combat. La seconde partie concernera l’espionnage. (Il baissa légèrement le ton.) Normalement, je ne devrais pas te dire tout ça tu sais…
Il lui fit un petit clin d’œil. Mais Mirlina avait le visage grave.
- Où ?
Il poussa un soupir.
- Dans l’ancienne Lune d’argent… L’ancien sanctum où était entreposés les… objets magique.
Elle baissa les yeux.
- Je ne peux pas…
- Dis plutôt que tu ne veux pas.
Elle leva vers lui un regard implorant. Des larmes perlèrent à ses yeux et roulèrent sur ses joues.
- Tu sais très bien pourquoi…
Il opina.
- Une mission est une mission Mirlina. Mais si tu ne veux pas la faire, tu attendras qu’un autre y aille. Et tu auras une nouvelle zone. D’ici, six mois ? Un an ?
Il attendit, mais elle ne répondit pas.
- Bonne nuit Mirlina.
La jeune femme opina, et reposa le parchemin avant de sortir de la pièce. Sans faire attention aux gardes, elle sortit du bâtiment et s’éloigna de la cité.




Deux jours s’étaient écoulés. Mirlina se rendit dans le quartier commerçant de la cité elfique. Là, elle pénétra un bâtiment et déposa une bourse pleine sur la table. Une elfe, le nez dans les comptes, leva les yeux vers elle.
- Encore des gemmes ?
Mirlina acquiesça.
- Taillées ou non taillées ?
- Un peu des deux.
- Mélangée ?!
Mirlina lui accorda un sourire sans joie, sa cape rabaissée sur sa tête, et masquant sa tenue. Elle sortit une autre bourse deux fois plus grosse et la laissa tomber sur le bureau avec un bruit de verre. La marchande eut un petit rire.
- Ah, beaucoup mieux !
Elle ouvrit les deux sacs et en vérifia rapidement le contenu. Puis, elle sortit un coffre, et y prit un sachet qu’elle lança à la voleuse.
- ça mérite bien ça.
Puis, elle fouilla ses poches et en sortit un petit mouchoir, enroulé à l’aide d’une ficelle qu’elle lui donna également.
- Et ton petit supplément Mirlina. Ravie de faire affaire avec toi.
La voleuse opina.
- Pareil.
Puis elle sortit sans un bruit. La voleuse fit quelques pas, s’éloignant de la zone marchande, avant de s’adosser à un mur. Elle prit le mouchoir, enleva la ficelle et le déplia pour découvrir un petit morceau de cristal vert. Une aura démoniaque s’en échappait. La voleuse déglutit et le posa par terre. Elle sortit une dague et, avec le manche, explosa le petit bout. Puis, elle ponctionna l’énergie qui s’en échappait et ferma les yeux, prise d’un petit tremblement. Des larmes roulèrent sur ses joues et elle s’effondra en hoquetant. Pourquoi ? Pourquoi n’arrivait-elle pas à décrocher définitivement ? Pourquoi avait-elle besoin d’une petite dose, une fois tout les trois mois ? Elle se recroquevilla et pleura en silence, le corps agité de petits spasmes alors que le magie circulait dans ses veines.
Les minutes s’écoulèrent sans qu’elle ne bouge. Puis, un visage passa devant ses yeux. Mirlina poussa un cri devant l’allure de cette personne. Sa peau était grise. Ses os ressortaient sous sa peau et son visage était sans expression. Un déshérité. Une vision…
- Père ?...
Puis, ce fut le visage d’une femme.
- Mère ?
Mirlina se redressa légèrement, tremblante. Elle sentait la soif et la douleur de ces parents. Sans vraiment y réfléchir, elle se précipita dans le bâtiment de la ligue et ouvrit la porte du bureau de Mathias à la volée. Le parchemin reposait toujours sur le bureau. L’homme la regarda avec une mine interrogatrice. Elle attrapa le parchemin.
- J’accepte la mission.
Et repartit sans un mot. Laissant Mathias tout sourire.




Le lendemain, Mirlina était dans les ruines de Lune d’Argent. Elle se déplaça d’abri en abri jusqu’au sanctum. La zone était presque vide, mais autour de ce bâtiment précis, les déshérités pullulaient. Son ordre de mission lui demandait de ramener une preuve de son combat. Des gemmes. Mirlina regarda ces ennemis. Tous avaient une gemme au front ou autour du cou. Mirlina opina pour elle-même puis se dissimula dans les ombres. Elle s’approcha subrepticement de sa première cible et lui trancha la gorge. La créature s’étala sans un bruit. Mirlina fit glisser sa lame sur la cordelette retenant la gemme, et la découpa doucement avant de récupérer son dû. Puis, elle retourna dans les ombres, et recommença.
Les minutes s’écoulèrent alors que le nombre de gemme augmentait. Mirlina avançait vite dans le sanctum, et bientôt, il ne resta plus qu’une seule pièce, la réserve. Elle s’y faufila furtivement et utilisa un bureau pour se planquer. Trois déshérités fouillaient les étagères. Il y avait ses parents bien sûr, et un autre qu’elle ne connaissait pas. Elle déglutit. Alors que ses parents avaient le dos tournés, elle fondit sur le troisième, plaqua une main sur sa gorge tout en enfonçant sa lame dans son cœur. Puis, elle recula, traînant le corps sans vie, et le déposa dans un coin sombre. Une fois le corps dissimulé, elle sortit au grand jour et posa un regard empli de tristesse sur les deux déshérités.
- Mère ? Père ?
Les intéressés se retournèrent et la fixèrent de leurs yeux sans expression.
- Magie !
Avec un raclement horrible, ils se jetèrent sur elle. Mirlina passa outre sa peine. Elle prit l’une de ses armes de jet et l’envoya dans les jambes de son père. L’homme chuta lourdement, du sang s’échappant de sa blessure. Mirlina lâcha une petite boule sur le sol. Elle explosa en libérant un nuage de fumée. Elle réapparut dans le dos de sa mère.
- Je suis désolée…
Une larme roula sur la joue de la jeune femme alors qu’elle plantait sa dague dans le cœur de sa victime. Elle déposa respectueusement le corps sur le sol. Son père s’était relevé. Il poussa un cri de rage et lui sauta sur le dos. Mirlina se débattit et fit tomber l’homme à terre. Mais il se releva, et attaqua à nouveau. La voleuse évita la charge de justesse, prit la tête de son père entre ses mains, et lui brisa la nuque. Puis, elle tomba à genou et se mit à sangloter.



Quelques heures plus tard, Mirlina, les yeux rouges et les joues irrités par les larmes, déposa une quinzaine de gemmes sur le bureau de Mathias. Le professeur inclina la tête.
- Passons au second test.

_________________
- Lühanne, soins ! Mais qu'est-ce qu'tas foutue bordel ?
- Euh... Quoi ça ? < était afk > Han, j'ai eu une déco serveur !


Revenir en haut Aller en bas
Kiarann
Ancien
avatar

Messages : 698
Date d'inscription : 25/04/2009
Age : 33
Localisation : Brest

MessageSujet: Re: Mirlina : De la magie à l'Obscurité.   Mar 28 Juin 2011, 20:00

ahhhh j'aime bien les histoires de tes persos ^^
ENCORE ENCORE ENCORE !!
Revenir en haut Aller en bas
Linaehwen
Orbeux(se)


Messages : 267
Date d'inscription : 12/05/2009
Age : 35
Localisation : Surgeres

MessageSujet: Re: Mirlina : De la magie à l'Obscurité.   Mar 28 Juin 2011, 20:47

Je préférais mieux le passage des - de 18 ans, quelle méchanceté sur ce chapitre !!! xD
Revenir en haut Aller en bas
Lühanne
Orbeux(se)
avatar

Messages : 303
Date d'inscription : 14/05/2010
Age : 29
Localisation : J'vais pas vous l'dire !

MessageSujet: Re: Mirlina : De la magie à l'Obscurité.   Mer 29 Juin 2011, 00:13

( Smile Merci pour les encouragements. Promis, bientôt, je reprendrais l'histoire de Lulu ^^ Mais suite à mon hackage ( oué, je préviens ici, c'est réglé normalement, j'ai tout récup, rien piqué à la bdg coté alliance, et changé tout les mdp ! ) et avec mon récit à corriger, j'ai peu de temps ^^' Et puis, un gros manque d'inspi !
Lina, t'es qu'un pervers ! xD )





Chapitre 8 : La confiance est un mensonge.




Mirlina attendait depuis près de deux heures, assise sur une branche haute, le dos collé contre le tronc. Le soleil caressait doucement sa peau à travers le feuillage. Elle avait encore plus d’une demi heure d’avance pour sa mission. Une lame dans une main, une pierre dans l’autre, elle aiguisait ses dagues avec sérieux. Finalement, satisfaite du résultat, elle rangea ses armes et laissa son regard arpenter une fois encore le paysage, notant chaque arbre, chaque trou, chaque cachette possible. Elle connaissait parfaitement le terrain. Un oiseau entonna un chant sur sa gauche. Elle regarda le volatile tournoyer autour de sa promise, virevoltant, cabriolant. La voleuse sourit simplement et se laissa hypnotiser par cette scène. Mais elle resta aux aguets, et finalement, un mouvement au sol attira son œil. Elle se colla à la branche et se recouvrit d’une cape d’un marron bois. Un elfe s’avança, regardant aux alentours. Il se posa sur une pierre, et attendit. Après quelques minutes, l’air devint glacé. De la buée s’échappa de la bouche de la jeune femme ainsi que de sa cible. Des feuilles noircirent et tombèrent au sol. La terre elle-même devint noire. Et une liche rejoignit l’elfe. Ils conversèrent un bon moment, à voix basse. Mirlina n’entendit que quelques bribes, mais cela lui suffit. Sa cible sortit une lettre qu’elle tendit au mort vivant. Ils échangèrent quelques mots, et chacun partit de son coté.
Mirlina attendit un petit instant, puis se laissa tomber de l’arbre. Elle atterrit silencieusement, avec grâce, puis se mit sur la piste de l’elfe. Le traître devait être arrêté. Les documents qu’il avait remit étaient faux, Mathias s’en était assuré. Mirlina s’arrêta brusquement, manquant trébucher sur une racine. Sa cible était immobile. Elle se retourna vers la voleuse et plissa les yeux.
- Sortez de votre cachette.
Mirlina déglutit et recula d’un pas, incertaine. L’homme s’avança vers elle, d’un pas hésitant. Puis, il fit un bond sur sa gauche et referma ses bras sur le vide. Il recommença une nouvelle fois juste devant lui, puis secoua la tête et pouffa.
Et il reprit sa route.
Mirlina poussa un soupir discret et dégaina ses dagues. Elle devait agir au plus vite. Elle se mit à courir d’un pas léger, puis bondit. Ses pieds se couvrirent d’ombre et elle disparut pour réapparaître derrière sa cible. Alors que celui-ci écarquillait les yeux, les lames de la voleuse roulèrent sur sa gorge. Il tomba au sol avec un râle plaintif. Son corps se secoua d’un tremblement avant de se figer à jamais. Mirlina essuya ses lames sur la cape du traître, puis partit dans la nuit.

- Ils se sont rencontrés à l’endroit prévu. Le document a bien été remit.
Mathias sourit.
- De quoi parlaient-ils ?
La femme se pinça doucement les lèvres.
- J’ai compris qu’ils parlaient d’un plan de bataille pour les terres fantômes. Mais ils étaient sur leurs gardes et parlaient à voix basse…
Le maître se laissa aller dans son fauteuil et opina.
- L’important, c’est que le fléau ait le document. Ils attaqueront l’endroit que nous voulons. Et nous les accueillerons comme il se doit.
Il se redressa et sortit un parchemin d’un tiroir. Puis, il fit le tour de son bureau et l’offrit à Mirlina.
- Félicitation ma chère. Tu es officiellement membre de la ligue.
Elle accepta le parchemin et lui serra la main chaleureusement. Mathias retourna s’asseoir.
- Ce que je vais te dire maintenant est ultra confidentiel.
Mirlina opina.
- J’ai besoin de toi. Tu es la seule à qui je puisse me confier. La ligue a été infiltrée. Tu le sais étant donné qu’un de nos meilleurs éléments était affilié au fléau. Mais il y en a d’autres.
- Qu’attends-tu de moi ?
Les yeux du voleur pétillèrent. Mais sa voix resta neutre.
- Que tu me suives comme une ombre. Toujours prête, sans jamais être vu. Te sens-tu prête à le faire ?
La jeune femme hésita un long moment, pesant le pour et le contre. Puis, elle opina.
- Je te dois tout. Je te protégerais. Mon bras est tien.



Les journées se suivaient et se ressemblaient. Mirlina couchait dans la même chambre que Mathias, séparés par un simple mur amovible. Elle se déplaçait comme une ombre, ne quittant jamais l’assassin des yeux, mais sans jamais être vu par les autres. Mais il n’y eut aucun incident à signaler. Le jour de l’attaque était proche. Le fléau rassemblait ses forces pour prendre d’assaut une ville située entre les bois des chants éternels et les terres fantômes. Les forces de Lune d’Argent étaient déjà sur place, et préparaient des pièges. La vieille de l’attaque, des cris résonnèrent dans le bureau de Mathias. Mirlina, planquée sur le balcon, se précipita dans la pièce. Mathias tenait une lame pointée sur la gorge d’un elfe. Ce dernier, penché en arrière, le dévisageait avec haine, les mains roulant sur sa ceinture. Finalement, il se laissa tomber au sol, roula sur le coté, se redressa d’un bond et dégaina. Les larmes s’entrechoquèrent avant que Mirlina ne puisse intervenir. Les voleurs feintèrent, parèrent, esquivèrent dans un balais mortel. La jeune femme laissa l’ombre venir à elle. Elle ressentit de petits picotements sur ses jambes. Elle apparut dans le dos de l’ennemi, et taillada ses bras. Avec un spasme involontaire, il lâcha ses armes. Mathias le décapita sans attendre. Mirlina regarda la tête rouler au sol avec horreur mais ne bougea pas.
- Pourquoi ? Il était désarmé…
- Il a essayé de me tuer. Ne l’as-tu point vu ? Un prisonnier ne nous aurait servit à rien. Une tentative d’assassinat doit être punie.
Des larmes roulèrent sur la joue de la voleuse. Peut être n’était-elle pas faite pour cette vie. Mathias se plaça dans son dos et l’enlaça.
- Doucement… C’est un cancer qu’il nous faut endiguer. Tu n’es en rien responsable Mirlina.
Elle laissa doucement tomber ses dagues. Son cœur battait à ses tempes. Elle se retourna et posa sa tête contre l’épaule de l’homme, laissant aller ses doutes et son chagrin. Une brusque impulsion qu’elle ne comprit pas lui fit embrasser Mathias. L’homme sourit et lui rendit son baiser. Mirlina marqua un temps d’hésitation. Puis, elle le repoussa sur le bureau, s’allongea sur lui, et ils firent l’amour.



Le lendemain matin, Mirlina se réveilla, seule. Elle ramassa sa cape et l’enroula autour de son corps. Ses yeux se posèrent sur le bureau où l’attendait une lettre de Mathias, rédiger à la va-vite. L’écriture était cependant parfaitement lisible.
« Suis déjà parti pour la bataille. Reste ici. Te rejoindrai au plus vite. »
La jeune femme regarda par la fenêtre et ne vit que le mur d’en face. Elle poussa un petit soupir et s’installa dans le fauteuil de son amant. Ses mains parcoururent le tissu rembourré ainsi que le bois finement ouvragé du bureau. Ses doigts glissèrent dans les sculptures du bois et s’arrêtèrent sur la poignée d’un tiroir. Elle se figea. Une folle envie de l’ouvrir s’empara d’elle. Mais elle savait qu’il ne fallait pas. Pourtant, la curiosité fut la plus forte. Après un instant d’hésitation, elle raffermit sa prise sur le bois, et, lentement, tira. Le tiroir s’ouvrit sans un bruit, découvrant plusieurs documents. Elle les feuilleta rapidement avant de les reposer. Mais une enveloppe attira son attention. Délicatement, la voleuse la tira et prit son contenu. Elle déplia le papier et se figea. Il s’agissait de relevés sur les troupes elfiques dans les régions des terres fantômes sur les douze derniers mois. Et chaque zone était marquée d’un rond ou d’une croix. Elle fouilla le bureau à la recherche d’une carte. Une fois trouvée, elle la déplia sur le bureau, et compara les noms. Il s’agissait des dernières grandes batailles des terres fantômes. Mirlina ouvrit les tiroirs à la volée, recherchant d’autres documents. Ses mains tremblaient. Elle fit tomber plusieurs papiers. Elle pria. Elle aurait voulu être folle. Mais ce n’était pas le cas. Des papiers volatiles donnaient des lieux de rendez-vous. Des ordres officiels étaient passés à la trappe. Tout concordait. Mathias était le traître… Et la bataille était un piège ! Mirlina laissa tomber les documents et se précipita vers la zone de combat.


Mais il était trop tard. Les forces avaient été prises à revers et massacrées. Le dernier bastion des terres fantômes venait de tomber. Mirlina déglutit devant l’horreur du spectacle. Son chocobo poussa un petit cri aigu et tira sur les rênes. Elle le maintint avec fermeté. Les yeux de la voleuse scrutèrent les alentours. Mais il n’y avait plus personne debout, mort comme vivant. Les larmes se mirent à rouler sur ses joues en spasmes incontrôlés. Elle se sentait sale… Elle tira sur ses rênes, éperonna sa monture, et fila à travers les bois sans se retourner. Finalement, elle arriva à Lune d’Argent, devant le bâtiment de la ligue. Lentement, elle s’avança jusqu’au bureau de Mathias et ouvrit la porte. L’homme était là. Il poussa un soupir de soulagement en la voyant arriver et alla à sa rencontre pour la prendre dans ses bras. Mais Mirlina le repoussa doucement, et alla s’effondrer dans son siège sans un mot. Mathias se mit à genou devant elle et essuya du bout des doigts les larmes de son amante.
- Que t’arrive t-il ?
Elle le regarda dans les yeux.
- Que c’est-il passé ?
Sa voix était enrouée. Mathias se mordit les lèvres.
- Un autre informateur à du les prévenir. Ils ont massacré le gros de l’armée. Je viens à peine de rentrer. Où étais-tu ?
Mirlina désigna le bureau d’un mouvement de tête. L’homme fronça les sourcils et se redressa. Ses yeux se posèrent sur la carte. Il contourna le bureau et ses yeux s’écarquillèrent d’horreur à chaque seconde.
- Mirlina…Ce… Ce n’est pas… Ce…
Un coup derrière la nuque lui arracha un grognement et il s’écroula sur le bureau.
Un liquide coula sur son visage et Mathias battit des paupières en se réveillant. Mirlina était penché sur lui, une dague sur sa gorge. Il retint un frémissement et la dévisagea avec tristesse.
- Pourquoi ? (Dit-elle, la mâchoire serrée.)
- Tu ne comprendrais pas…
Mirlina eut un rire sans joie.
- Je peux comprendre bien des choses. Ton plan c’était quoi ? Que je couche avec toi et que je te soutienne ?
Mathias s’humecta les lèvres.
- Crois-moi ou non, je n’avais rien prévu. Même si je te désire depuis ton arrivée ici…
La voleuse cracha à quelques millimètres du visage de son amant et ne lui offrit qu’un regard empli de dégoût.
- Pourquoi ?!
- La vérité est toute simple… Le pouvoir…. Celui que tu as suivi puis tué travaillait pour moi, mais avait dans l’intention de me doubler… Mais sache, que je voulais tout arrêter…
- Et je devrais te croire ?
Il opina doucement et déglutit.
- Tu dois me faire confiance.
Mathias lui tendit la main. Elle la regarda sans faire un geste. Puis, la rage se lut sur son visage.
- La confiance n’est qu’un mensonge…
Mathias écarquilla les yeux au moment où la lame de Mirlina s’enfonçait dans sa gorge. Il émit quelques gargouillis avant de s’affaisser. Mirlina se laissa tomber sur le coté, en pleurs. Plus jamais elle ne pourrait faire confiance à un homme…




_________________
- Lühanne, soins ! Mais qu'est-ce qu'tas foutue bordel ?
- Euh... Quoi ça ? < était afk > Han, j'ai eu une déco serveur !


Revenir en haut Aller en bas
Lühanne
Orbeux(se)
avatar

Messages : 303
Date d'inscription : 14/05/2010
Age : 29
Localisation : J'vais pas vous l'dire !

MessageSujet: Re: Mirlina : De la magie à l'Obscurité.   Lun 04 Juil 2011, 16:14

Chapitre 9 : Contrat.



Victor Lanwik était un homme très riche. Ses diverses activités lui rapportaient près d’un million de pièces d’or par an. Il touchait un peu à tout, drogue, alcool, meurtre… Tout ce qui se faisait avec plus ou moins de discrétion. Il avait bientôt cinquante ans, et avait vécu les dernières guerres sans jamais arrêter ses petits trafics. Sauf peut être lors de la troisième guerre… Il possédait plusieurs manoirs, tous en retrait des grandes villes. Et dans chacun d’eux attendait un bataillon de cent hommes, prêt à donner sa vie pour lui. Et ils l’avaient fait. Victor changeait constamment de manoir depuis près de deux mois. Et sur la dizaine qu’il possédait, déjà trois avaient été vidés. Son dernier trafic avait failli coûter la vie à un noble nain très proche de Magni barbe de Bronze. Et depuis lors, la tête de l’homme d’affaire était mise à prix. Oh, bien sûr, cela avait déjà été le cas de nombreuses fois lors de sa longue vie. Mais aujourd’hui, une ligue agissait dans l’ombre : La ligue des assassins. Victor cracha. Quand il pensait qu’il était l’un des premiers donateurs et fournisseurs de ces minables. Plusieurs membres de la ligue étaient à ses trousses. Pour la plupart, il s’agissait d’orphelins qui avaient subit un entraînement intensifs, et qui exécutait les ordres. Froids, silencieux, mortels. Mais, il y avait également de simples mercenaires. Et parfois, ils étaient plus dangereux que les orphelins.
Victor avança vers la taverne, son garde du corps sur ses talons. Ses tempes grisonnantes ne mentaient pas l’âge de l’homme qui n’était plus aussi vif qu’autrefois.
- Reste ici. J’ai loué le bar pour la nuit. Ne laisse personne entrer.
L’homme acquiesça, et se mit au garde à vous devant la taverne. Victor poussa un soupir et pénétra dans l’établissement. Jamais il n’avait eu à faire à un crétin pareil. Mais désormais, il devait être prudent. Ses hommes de mains se faisaient massacrer par dizaines. Il s’accouda au bar, jetant des regards anxieux autour de lui. Bien entendu, l’endroit était désert. Il s’humecta les lèvres nerveusement et appela le gérant.


Le garde attendait dehors, jetant des regards autour de lui, confiant. Il s’autorisa un moment de relaxe et alla se soulager contre un mur proche. Puis, il retourna à son poste. Un sifflement titilla ses oreilles et un carreau le frappa à la tête, perçant la chair, la peau et les os pour se ficher dans son cerveau. L’homme tomba sans un bruit, mort bien avant de toucher le sol. Une main gantée de cuir retira le carreau avant de poser son regard sur la porte.

- Bonjour Monsieur Lanwik.
L’intéressé chercha d’où provenait la voix. Sortant de la cuisine, apparut un homme, une arbalète à la main. Victor déglutit.
- Où est le barman ?
- Mort.
L’homme s’assit sur un tabouret, à coté de sa cible et ôta son capuchon.
- Lonak… J’aurais du m’en douter. J’ai toujours été contre ton intégration à la ligue.
L’assassin émit un petit rire. Ses yeux étaient noirs dans l’ébène, à l’image de son cœur. C’était un tueur sans aucune morale, égorgeant le plus souvent ses victimes après leur mort. Il n’hésitait pas à tuer femme et enfant, étant toujours au service du plus offrant. Victor se passa la langue sur les lèvres.
- Je peux te payer tu sais…
Lonak secoua la tête.
- Cela fait trop longtemps que j’attends une telle occasion Victor. Par ta faute, j’ai moisi une année en cachot. Tout ça parce que je t’ai fait perdre mille pièces d’or.
Il tapa du poing sur le bar.
- As-tu une idée de ce que tu m’as fais perdre à moi ?! Le contrat était de dix milles pièces !
- Comment m’as-tu trouvé ?
Lanwik tentait de conserver son calme, analysant la salle, cherchant un moyen de se défaire de son ennemi.
- Oh, moi, je n’ai rien fait. C’est elle. Cette petite est très douée. Et je suis sûr qu’elle est très bonne à baiser aussi. (Ricana t-il.) Elle m’a laissé dormir à son feu il y a deux nuits.
- Et tu n’as rien tenté ?
- J’aurais bien voulu. Mais… Elle a prit le premier tour de garde. Et à mon réveil, elle avait foutu le camp. Ça m’étonne d’ailleurs qu’elle ne soit pas encore là…
Victor opina.
- Pourquoi t’as t’elle laissée en vie ? Elle t’a toujours méprisée.
- Peut être que je lui plait ? (Il offrit un sourire sadique à sa cible.) Elle veut peut être que je la fasse hurler !
Il éclata de rire.
- Non. Je voulais juste t’entendre hurler, toi.
Une voix sans émotion résonna dans la pièce. Lonak tourna la tête vers l’entrée, juste à temps pour apercevoir l’éclat des yeux de la jeune femme et l’arbalète qu’elle tenait. Le carreau fusa et le frappa en pleine bouche alors qu’il poussait un cri. Il tomba, raid mort. La jeune femme s’approcha de Lanwik, fit le tour du bar, et le regarda dans les yeux. Sa large cape dissimulait ses formes, et une bonne partie de son visage, mais Victor vit qu’elle ne souriait pas.
- Je…
Elle leva la main pour lui couper la parole.
- Un dernier verre ?
Il déglutit et opina. L’assassin lui offrit un sourire. Elle replia les branches de son arme et la rangea à sa ceinture. Puis, elle prit une bouteille sous le bar ainsi qu’un verre et le servit à l’homme. Celui-ci l’accepta avec gratitude et le vida d’une traite.
- Tu sais…Je te suis reconnaissant de l’avoir…
- Je ne l’ai pas fait pour toi.
Victor opina.
- Pourquoi l’avoir laissé en vie avant ? Lui avoir laissé une longueur d’avance ?
- Je voulais lui laisser une chance. Je lui ai conseillé d’oublier ce contrat. Il n’en a pas tenu compte. Et voilà.
Victor regarda le corps sans vie à ses cotés avec un mépris non dissimulé.
- Je n’ai jamais pu le supporter. Cela dit, cela m’attriste de savoir que je vais mourir à ses cotés. (Il reporta son attention sur la femme.) On pourrait peut être s’arranger non ?
Elle lui offrit un sourire sans joie.
- ça j’en doute.
Il se pinça les lèvres.
- Ne soit pas si sèche. J’ai beaucoup à t’offrir.
Il montra son verre puis la bouteille et elle acquiesça. Il se servit un autre verre et le but lentement.
- De l’argent ? Des bijoux ? Des hommes ? Ou des femmes peut être ? Je peux également te donner un manoir. Voir, tout ça à la fois. Vivre à jamais dans la sûreté, la luxure, la richesse !
Elle fit le tour du bar et posa une main sur son épaule. Victor frémit et devint blême alors qu’elle murmurait à son oreille.
- ça n’a jamais été une question d’argent, et tu le sais. Ne m’insulte pas. Je méprise tout ce que tu es. Et le fait que j’ai exécuté des contrats pour toi ne change rien.
La bouche de l’homme était sèche. Il tenta de se forcer au calme et parla d’une voix tremblante.
- Et maintenant ?
- Maintenant ? (De l’amusement se lut dans sa voix.) Je m’en vais.
Et elle se dirigea vers la porte. Victor, tremblant, se retourna doucement et posa son regard sur la femme.
- S-Sans me tuer ?...
Elle lui offrit un sourire.
- Oh, mais c’est déjà fait.
Et elle s’en alla, disparaissant dans la nuit. Victor termina son verre en tremblant, ne comprenant pas le sens de ses paroles. Puis, il poussa un soupir de soulagement. Soudain, une douleur le foudroya au cœur. Son corps le brûlait de partout, sous la peau. Il regarda la bouteille avec écoeurement. Du… Poison… Il poussa un cri de rage en balançant la bouteille et le verre à travers la pièce puis se redressa en trombe. Il avait besoin d’aide ! Il fit un pas et tomba au sol, le corps secoué de spasmes. Il rampa vers la porte. Cela ne pouvait pas se finir ainsi… Il était…Victor s’affaissa mollement dans un gargouillis.


Mirlina se mit en selle sur son chocobo. La nuit était déjà bien avancée et des nuages noirs menaçaient au loin. La jeune femme lança sa monture au trop. Cela faisait maintenant près de deux années qu’elle vivait au jour le jour, exécutant des contrats. La jeune femme n’avait plus de logement, plus de vie. Elle se contentait de payer une putain dans un bar quand elle avait envie d’un bon moment, de se payer une chambre quand il pleuvait où qu’il faisait trop froid et de chasser. Mais elle avait une règle d’or. Elle ne tuait que des personnes ayant fait le mal. Jamais autre chose, du moins essayait-elle. Et pourtant, dans le milieu, certains l’appelaient La Faucheuse. Tout en quittant la petite bourgade humaine, elle déplia un parchemin et y raya le nom de Victor Lanwik. Elle s’arrêta à un relais pour changer de monture. Le chocobo, c’était vraiment trop voyant en région humaine. L’homme ne fit pas attention à sa monture et l’échangea contre un hongre bai. Puis, elle posa le parchemin devant les yeux de l’homme. Il la dévisagea un instant, sourit, prit le parchemin et déposa une bourse devant la femme.
- Toujours aussi professionnelle Mirlina. Tu n’as pas eu trop de difficulté ?
- Non. Même si son manoir d’Arathi était légèrement surpeuplé. J’ai mis du temps à faire le ménage.
Il éclata de rire et sortit une douzaine d’enveloppe.
- Tiens. De nouvelles cibles, si ça t’intéresse.
Elle ouvrit la première, la lut, et la reposa en secouant la tête. Elle refit l’opération plusieurs fois jusqu’à la septième.
- Au fait, Lonak est mort.
- Ah ? Tant mieux ! Ça n’a pas été trop dur ?
Elle lui sourit.
- Il n’en revient toujours pas.
Il éclata de rire une nouvelle fois.
- Impayable ! Si tu permets, je la ressortirais !
Elle opina tout en lisant le septième contrat. Et son sang ne fit qu’un tour.
- Pourquoi la ligue demande son assassinat ? En quoi cela la concerne t-elle ?
Elle posa le papier sous le nez de l’intendant. Celui-ci haussa les épaules.
- C’est déjà arrivé qu’on ait à faire à des contrats politiques.
- Que je sache, il n’est plus le roi.
- Parfois, ce sont des missions lancées par des nobles. Tu l’acceptes ?
Elle rangea le parchemin dans une sacoche pendant à sa ceinture.
- Absolument.
L’intendant rangea les autres. Un éclair zébra le ciel et le tonnerre gronda peu de temps après.
- Je ferais mieux de me dépêcher. A ton avis, suis-je plus proche de Baie du butin ou de Fossoyeuse ?
L’homme se gratta la tête, pensif.
- Je dirais que c’est équivalent. Mais Baie du butin est plus direct. En cheval en tout cas. Pour Fossoyeuse, tu dois passer par les montagnes. Cela dit, tu devras passer par Sombrecomté. Et la ligue n’a pas vraiment d’influence là-bas.
Elle sourit.
- Tu sais très bien que j’aime les défis.
Elle siffla et le cheval s’approcha. Elle caressa son museau, vérifia la selle, puis sortit du relais. Elle grimpa sur la monture et regarda l’intendant.
- Au fait, tu diras à Sam que j’adore son arbalète.
Elle montra l’arme qui pendait à sa ceinture.
- Très pratique.
Elle sourit et l’intendant fit de même. Puis, ils se saluèrent et elle éperonna sa monture, direction Baie du Butin.



Mirlina mit moins d’une journée pour rejoindre le Bois de la pénombre. Elle contourna assez facilement la cité et continua sa route par les bois, évitant les animaux et toutes créatures hostiles. Finalement, elle entendit les bruits d’un combat. Mirlina fronça les sourcils et arrêta sa monture pour tenter de déterminer l’origine du son. Elle descendit de cheval et l’attacha à un arbre, puis arma son arbalète et s’engouffra dans les fourrés. De là, elle vit une elfe de la nuit en prise avec des worgens. La femme ne semblait pas effrayée. Elle bondit et se transforma en une magnifique panthère, décimant les rangs ennemis. L’un des animaux la toucha au flanc. Elle feula et lui sauta à la gorge et lui trancha la jugulaire. Mirlina regarda le combat, méfiante. Devait-elle intervenir ? L’elfe se débrouillait fort bien. De plus, elle faisait partie de l’alliance. Et même si Mirlina n’était pas vraiment hostile envers l’alliance, ce n’était pas forcément réciproque. Un grognement la tira de ses pensées. La druidesse venait de reprendre forme elfique, une main sur ses cotes d’où suintait du sang. Elle soufflait fortement, mais ne semblait pas en danger. Pourtant… Mirlina frémit en voyant l’un des worgens se relever sans un bruit, et attraper une large épée. Elle sortit du fourré et s’approcha suffisamment pour tirer. Sa cible s’écroula avec un grognement. Deux autres bondirent depuis les arbres. Mirlina lâcha son arme et dégaina un couteau de lancer. Elle frappa l’une des deux bêtes en plein vol. Puis, elle sortit ses dagues et contra les griffes de la deuxième. Elle lui asséna un coup de pied derrière le genou. La créature poussa un hurlement en tombant. Mirlina en profita pour lui planter une lame dans le cœur. Elle se redressa lentement, aux aguets. Ses oreilles frémirent et tournèrent dans toutes les directions. Mais, hormis le sifflement du vent et les hennissements apeurés de sa monture, elle n’entendit rien. Ce qui n’était pas normal. Elle se retourna pour voir la druidesse affalée sur le sol. La jeune femme rangea ses armes et s’approcha doucement. L’elfe de la nuit suait à grosses gouttes. Sa respiration était pourtant paisible. Elle s’était endormie. Mais elle risquait de ne pas passer la nuit. Elle perdait une bonne quantité de sang. Mirlina soupira et vérifia rapidement les alentours avant de placer divers pièges. Puis, elle ramena son cheval près de la druidesse et monta le camp. Une fois le feu lancé, la voleuse sortit une aiguille, du fil, des serviettes et un récipient en cuivre. Elle alla à une étendue d’eau proche, le rempli et le mit sur le feu. La blessure de la femme n’était pas très belle. Une sorte de bouillis verdâtre s’en échappait. Mirlina déglutit et alla remplir un second récipient qu’elle mit à la place du premier sur le feu. La jeune femme trempa une serviette dans l’eau brûlante et nettoya tant bien que mal les blessures de la druidesse. Cette dernière poussa des gémissements plaintifs dans son sommeil, se contorsionnant. Mirlina eut de la peine pour elle, mais la força à rester immobile et termina son travail. Puis, elle fit bouillir l’aiguille et referma la plaie. Enfin, elle appliqua un baume floral et monta la garde toute la nuit. Elle finit par s’endormir un peu avant l’aube.
Alors que midi approchait, Mirlina ouvrit les yeux et découvrit le visage de la druidesse. La femme posait sur elle un regard empli de curiosité.
- Euh… Amie ?
La druidesse pencha la tête, comme un animal. Mirlina se redressa doucement et son invitée s’écarta avec prudence. La voleuse s’étira et regarda la blessure. Elle était quasiment résorbée. Elle fronça les sourcils sous l’incompréhension avant de se souvenir que la femme était une druidesse. Elle prit le temps de la détailler. Elle avait des yeux couleurs argent et des cheveux d’un violet magnifique. Avec un petit nez et une bouche légèrement pulpeuse, elle était vraiment très jolie. Mirlina se surprit à sourire. Elle secoua doucement la tête et alla à son cheval. Là, elle fouilla dans ses paquetage et en sortit un peu de viande séchée. Elle tendit un morceau à la druidesse. Celle-ci le considéra un moment avant de l’accepter.
- Bon appétit.
L’invitée posa une main sur ses côtes.
- Mer…Ci.
Mirlina opina avec un sourire et mangea avec appétit, imitée par la druidesse. Une fois le repas terminé, elle se désigna.
- Mirlina.
La druidesse s’inclina.
- Lühanne.
- Enchantée.
- Moi… au… ssi ? Désolée… J’ai un… Un peu de mal avec la langue Sindel.
Mirlina fronça le nez.
- Euh… Sindo’reï ?
Lühanne mit une main devant sa bouche.
- Oh, désolée…
La voleuse lui offrit un sourire amical.
- C’était quoi ces choses ?
- Des worgens.
- Vous devez en affronter beaucoup ?
Lühanne secoua la tête. Elle ouvrit une bourse à sa ceinture et en sortit un petit objet.
- J’ai déjà ce que je suis venu chercher. Mon pas…Euh, mes pas, me mènent à Baie du butin désormais.
Mirlina opina.
- Moi aussi.
- Puis-je faire le … La route, avec vous ?
Mirlina haussa les épaules.
- Je n’y vois pas d’inconvénient. Avez-vous une monture ?
Lühanne se redressa et prit une profonde inspiration avant de se transformer en panthère.
- Pas besoin hein ?
Mirlina sourit.
- Donnez moi une heure, et nous partirons.
Lühanne reprit sa forme elfique et opina.
Au bout d’une heure, les jeunes femmes prirent la route de la forêt de Strangleronce.

_________________
- Lühanne, soins ! Mais qu'est-ce qu'tas foutue bordel ?
- Euh... Quoi ça ? < était afk > Han, j'ai eu une déco serveur !


Revenir en haut Aller en bas
Lühanne
Orbeux(se)
avatar

Messages : 303
Date d'inscription : 14/05/2010
Age : 29
Localisation : J'vais pas vous l'dire !

MessageSujet: Re: Mirlina : De la magie à l'Obscurité.   Ven 08 Juil 2011, 19:28

Chapitre 10 : Vengeance.



Lonak avait eu beaucoup de défaut. Et le fait qu’il soit mort n’était finalement que justice. Il avait tué des familles entières, violés femmes et parfois enfant dans le seul but de s’amuser. Combien de fois avait-il traqué une jeune pucelle juste pour prendre un peu de bon temps ? Une fois sa cible exténuée, il s’approchait d’elle et la pénétrait sauvagement, jouissant de la douleur et la peur qu’elle ressentait, lui laissant le sexe en sang avant de tout simplement la tuer. Nombres de ses victimes avaient été retrouvé ainsi : Pendu par leurs propres entrailles, ou bien décapité, ou encore dans une position peu flatteuse. Lonak passait ensuite à la famille quand il y en avait. Car, c’est bien connu, la vengeance est une affaire de famille, et si vous laissez quelqu’un en vie, vous prenez le risque qu’il veuille vous donner la chasse. Ainsi donc, sa mort fut plus une libération qu’autre chose. Seulement voilà. Lui aussi avait de la famille. Un jeune frère, Salea. Et celui-ci voyait d’un très mauvais œil la disparition de Lonak. Il avait suivit la piste de Victor Lanwik, et était tombé sur son corps, froid depuis des heures déjà, près de celui de son frère. Et cela faisait maintenant trois jours qu’il courrait après le meurtrier. Tout ce qu’il avait pu trouver était un carreau d’arbalète. Et c’était une arme plutôt répandu chez les assassins. Mais la plupart achetaient leurs munitions dans des étals spécialisés. La légèreté et finition du carreau, lesté d’un petit bout de fer à la queue, en plus de la pointe, indiquait un savoir faire dont peu de monde pouvait se targuer. Salea posa son regard sur la jungle de Strangleronce avec un air mauvais, et lança sa monture au galop.


La nuit pointait le bout de son nez au loin, et Mirlina alluma un feu. Elle s’installa confortablement et commença à tailler les bouts de bois qu’elle avait ramassé plus tôt dans la journée. Ses yeux coulaient de temps en temps sur sa compagne de voyage. Lühanne s’amusait avec des animaux de la forêt, leur parlant dans leur langue étrange et semblait heureuse. Cela faisait maintenant deux jours qu’elles étaient dans cette forêt, et la progression avait été plutôt paisible, mais laborieuse. Et la druidesse s’absentait souvent. Mirlina se demandait ce qu’elle fabriquait par ici…. Avait-elle une mission ?
Les minutes défilèrent, et Mirlina sortit une bourse de son paquetage. Elle l’ouvrit et la vida sur un petit bout de tissu. Des pointes… Mirlina les examina un instant, puis commença à les assembler avec ses morceaux de bois afin de former des carreaux. Elle prit également de petit bout de métaux qu’elle enfonça dans la queue de chaque tige. Puis, elle termina son travail avec des plumes avant de ranger le tout. Elle ne conserva qu’un carreau qu’elle plaça sur son arme avant de viser. Puis, elle tira contre un rocher proche. Le carreau ricocha contre la pierre et tomba. Mirlina sourit et rangea son arme. Puis, elle s’accorda un peu de sommeil. A son réveil, elle trouva Lühanne occupée à préparer le repas. La druidesse lui offrit un sourire chaleureux.
- Vous avez bien dormi ?
La voleuse s’étira en baillant et opina.
- Et vous-même ?
Lühanne retira la poêle du feu et en versa le contenu dans deux assiettes.
- Assez peu. J’ai profité de la nuit pour terminer ma mission en Strangleronce.
- Ah ?
Mirlina prit l’assiette que sa compagne lui tendait.
- Et qu’elle était-ce ?
La druidesse sourit d’un air énigmatique.
- Sentir la nature.
Mirlina fronça le nez, plongée dans l’incompréhension. Elle prit un instant pour réfléchir à la chose, puis haussa les épaules.
- Un truc de druidesse en somme.
- Vous ne voulez en savoir plus ?
- Je suis certaine que je n’y comprendrais rien.
Lühanne ria doucement et elles mangèrent en silence.
- Je suppose que vous repartez ?
- Je pense rejoindre Teldrassil. Et vous ?
- Je me rend à Quel’Danas.
Lühanne plongea son regard dans celui de son amie.
- Pourquoi donc ?
- Kael’thas. Un contrat sur sa tête. Et il est fou.
- Ce n’est pas un crime.
- Sauf quand on prévoit de détruire le monde.
La druidesse opina doucement et le silence s’installa.
- Vous désirez que je vous accompagne jusqu’à Quel’Danas ?
Mirlina sourit.
- Non, je préfère être seule pour ce genre de chose.
Lühanne se pinça les lèvres, mais acquiesça. Elle regarda Mirlina se lever et préparer ses affaires.
- Je n’oublierais jamais Mirlina. Si vous avez besoin de moi…
La voleuse regarda son amie, troublée, avant d’opiner. Elle lui proposa sa main. Lühanne la considéra un instant avant d’enlacer la voleuse.
- Je préfère ainsi, mon amie.
Mirlina resta interdite quelques secondes avant de refermer ses bras autour de l’elfe.
- Soyez prudente.
- Vous aussi.
Mirlina sourit et passa fugacement une main sur le visage de la femme. Puis, elle monta sur son hongre.
- A bientôt, mon amie.
Et elle éperonna sa monture, partant au triple galop pour le camp Grom’Gol.
Après deux jours, Mirlina posa le pied sur l’île de Quel’Danas et ne put retenir un frémissement. L’endroit irradiait de magie, et lui donnait la nausée. Elle repoussa difficilement son dégoût et s’avança vers le bâtiment où attendait le prince.


Salea regarda Mirlina s’éloigner et sourit. Elle seule avait pu vaincre son frère. Et il allait la tuer. Il prit la même direction que la voleuse, mais en restant à l’abri des arbres. Il se déplaça doucement sur la droite et se mit à courir. Il risqua un coup d’œil vers la forêt et vit Mirlina avancer prudemment, aux aguets. Il sourit et sortit son arbalète. Elle ne se doutait de rien. Il visa et pointa le cœur de sa cible. Il serait tellement facile de l’abattre… Mais c’était également indigne. Et surtout, il voulait la faire souffrir ! Il changea de zone et tira. Mirlina tomba au sol, un carreau dans le genou. Elle poussa un gémissement de douleur en retirant le projectile. Très rapidement, elle sortit un morceau de tissu d’une poche et se fit un garrot alors que Salea sortait de son abri. Le jeune homme affichait un sourire sadique.
- Qui es-tu ?!
- Salea. Frère de Lonak. Et je viens venger sa mort !
Mirlina garda un visage de marbre. Une vengeance. Lentement, elle glissa une main sous sa cape. Cet idiot l’avait blessé pour réduire sa mobilité. Mais il allait regretter de ne pas l’avoir tué ! Salea sprinta et fut en l’espace de cinq secondes sur sa cible. Mirlina roula sur le coté et lança son couteau. Mais elle rata sa cible de justesse. Elle jura, se redressa, et dégaina ses lames. Salea lui offrit un sourire de prédateur et se jeta à l’assaut. Leurs lames se rencontrèrent dans un tintement métallique. Salea frappa la jambe blessée de son adversaire, et la fit tomber à genou. Puis, il s’amusa à lui taillader le bras gauche. Mirlina lâcha son arme avec un grognement. Salea approcha son visage du sien. Elle sentit son haleine horrible.
- Ne t’en fais pas… ça ne dureras pas longtemps… Du moins, pas plus que nécessai…
Mirlina lui asséna un violent coup de tête dans le nez. Le tueur recula en jurant, une main sur son nez. Du sang dégoulinait sur son visage et des larmes emplissaient ses yeux.
- Salope !
Salea donna un violent coup en pleine tête à Mirlina. La voleuse vit trente six chandelles et du user de toute sa volonté pour ne pas s’écrouler. Elle se sentait tellement groggy…Ses forces la quittaient progressivement. Elle grimaça. Un poison affaiblissant…Le fils de pute l’avait empoisonné ! Elle cracha et concentra ce qui lui restait de force pour planter sa dague dans le ventre de l’homme. Celui-ci poussa un cri de douleur alors que la voleuse s’affaissait doucement. Il retira la lame et la jeta rageusement. Puis, il redressa Mirlina en la tirant par les cheveux.
- Petite pute ! Pas d’organe vitaux, dommage !
Salea dégaina une épée courte. Il la leva et sentit ses jambes faiblir. Il jura et lâcha la jeune femme avant de tomber à genou. Il perdait beaucoup de sang. Il grogna et s’approcha de sa cible. Celle-ci ne lui accorda qu’un regard plein de haine. Aucune peur ne se lisait sur son visage.
- Tu vas me le payer…
Il leva sa lame. Un grognement arrêta son geste. Il regarda autour de lui, inquiet. Puis, deux pattes griffues s’abattirent et lui lacérèrent le dos avec rage. Salea s’affaissa avec un gémissement de douleur et mourut en quelques secondes.
Mirlina regarda le corps, abasourdis, puis ferma les yeux. Elle vit fugacement une forme élancée se pencher sur elle avant de perdre connaissance.



Mirlina ouvrit doucement les yeux et posa son regard sur le feu à coté d’elle. La lune dardait la forêt de ses rayons d’argent et donnait un air presque féerique au camp. Elle tenta de se redresser, et une vive douleur secoua son corps. Elle roula sur le coté, vomit, et s’évanouit à nouveau. Le sommeil de la voleuse fut agité. Elle s’éveilla et s’endormit à plusieurs reprises, prises de vertige. Finalement, elle sentit une douce main sur son front. Et elle posa son regard sur son bienfaiteur. Elle se concentra pour corriger le flou de sa vision et aperçu Lühanne.
- Mais … que ?...
La druidesse lui sourit tendrement en posant sur son front une serviette tiède.
- Chhhhht. Du calme. Vous avez été très malade.
- Vous… Que faites-vous ici ?
- J’ai eu… Un mauvais pressentiment. Et du coup, me voilà.
- Vous m’avez sauvée…
Lühanne posa une main affectueuse sur la joue de Mirlina.
- Nous sommes quittes ainsi. Dormez. La fièvre est en train de tomber.
Mirlina secoua la tête. Mais la druidesse posa sur elle des yeux d’un vert profond, et la voleuse s’endormit. Elle se réveilla deux jours plus tard. La plupart de ses blessures étaient presque guéries. Lühanne lui tournait le dos, occupée à moudre des herbes. Mirlina se releva et sans vraiment comprendre pourquoi, enlaça la druidesse. Celle-ci sourit et pressa ses avants bras. Puis, elle se retourna. Elles échangèrent un long regard avant de s’embrasser langoureusement. Elles se caressèrent doucement avant de faire l’amour.



Quelques jours plus tard, Mirlina était à Lune d’Argent. Elle avait finalement rempli son contrat avec l’aide de son amante et de quelques hommes de mains. Mais au lieu de retourner à sa vie normale, elle décida d’arrêter. Elle se rendait compte que la solitude n’était pas pour elle. Pas plus que la vie tranquille. Son amour avec Lühanne était pour l’heure impossible… Il lui fallait une nouvelle famille….
La jeune femme se rendit chez le notaire. Depuis son retour, trois lettres lui avaient sommé de se rendre à la flèche Solfurie.
- Ah, Mirlina je présume ? Asseyez-vous, je vous prie.
La voleuse opina et s’installa confortablement dans le fauteuil.
- Voulez-vous boire quelque chose ?
Elle secoua la tête.
- Pourquoi m’avoir fait venir ?
L’homme se pinça les lèvres.
- Droit au but. Une qualité que vos parents auraient appréciée.
- J’en doute.
- Ne soyez pas si sombre.
Mirlina poussa un soupir et se redressa. Le notaire ouvrit un dossier et en sortit un document.
- Veuillez signer là.
- Qu’est-ce que c’est ?
- Votre héritage.
Mirlina parcourut rapidement le document.
- Ils m’ont déshérités.
L’elfe haussa les épaules.
- Pas officiellement il semblerait. Le titre, les propriétés, du moins, la propriété, et les richesses sont vôtres.
Mirlina resta interdite. L’homme insista, poussant le document et l’encrier. Mirlina signa finalement le papier.
- Et voilà. Je vous remercie Duchesse Aube-Glorieuse.
Il la raccompagna à la porte et la mit presque dehors. Abasourdis, Mirlina déambula dans les rues de la cité. Elle s’arrêta devant la maison de ses parents. Sa maison. Sa main se posa sur la poignée de porte et elle se figea. Des images de sa vie passée lui revinrent et elle frémit. Doucement, elle recula. Ce n’étaient pas de bons souvenirs. Elle déglutit et rejoignit sa chambre à la taverne.

_________________
- Lühanne, soins ! Mais qu'est-ce qu'tas foutue bordel ?
- Euh... Quoi ça ? < était afk > Han, j'ai eu une déco serveur !


Revenir en haut Aller en bas
Lühanne
Orbeux(se)
avatar

Messages : 303
Date d'inscription : 14/05/2010
Age : 29
Localisation : J'vais pas vous l'dire !

MessageSujet: Re: Mirlina : De la magie à l'Obscurité.   Dim 04 Sep 2011, 10:44

Chapitre 11 : Un but.




Mirlina hasarda un regard par-dessus la corniche, vérifiant qu’il n’y avait personne en bas. Elle recula de quelque pas afin de prendre son élan et sauta pour rejoindre le toit d’en face. Elle s’agrippa au rebord et se hissa sans difficulté avant de prendre son chemin. Finalement, la jeune femme se laissa lentement tomber sur un arbre en dehors de la cité. Elle sauta de branche en branche, sortant de sa ceinture des couteaux qu’elle lança tout autour d’elle, chacun d’eux touchant une cible différente en plein centre. Puis, elle se laisser glisser le long d’un immense chêne, usant d’un fin crochet pour s’accrocher à l’écorce avant d’atterrir sans un bruit. Là, elle sortit une dague et bondit sur un mannequin, plantant la lame dans le cou rembourré de paille. Mirlina se redressa lentement, un petit sourire satisfait illuminant son visage et reprit son souffle. Elle décrocha une petite gourde pendant à sa ceinture et en but une longue gorgée avant de l’y raccrocher. Puis, d’un coup, la voleuse se retourna et envoya son arme de jet sur une branche, la coupant net. Un cri résonna, suivit d’un bruit de chute.
Mirlina rejoignit le jeune elfe et l’aida à se relever avant de récupérer son arme.
- Vous êtes très impressionnante Madame. Vos sens sont vraiment très bien aiguisés.
La voleuse poussa un soupir.
- Jol, je te l’ai déjà dis, je ne t’entraînerais pas.
Le jeune homme masqua sa déception derrière un air amusé.
- Voyons Dame, je n’ai rien demandé.
- Mais tu allais.
Le garçon se pinça les lèvres alors que Mirlina rangeait ses armes.
- Mais Dame, vous faites ces exercices tous les jours. Cela ne vous coûterait pas trop de me donner deux trois petites leçons !
La jeune femme poussa un long soupir bien audible.
- J’ai d’autres choses à faire !
- Comme quoi ?
- ça ne te regarde pas. (Dit-elle tout en laissant son regard dériver vers les arbres proches.)
Jol sourit d’un air malicieux.
- C’est vous ce garde retrouvé mort il y a une semaine n’est-ce pas ?
Mirlina le regarda avec un air neutre.
- Qui sait ?
Elle laissa planer sa phrase, notant avec amusement la pointe d’agacement qu’affichait le jeune homme, avant de reporter son attention sur les arbres. Une légère brisa secoua les feuilles et Mirlina plissa les yeux.
- Je vous jure que…
Elle l’interrompit d’un geste de la main.
- J’en ai assez. Pars.
- Mais je…
- Jol ? Pars avant que je ne m’énerve.
Le jeune homme parut offusqué un court instant, mais finalement, il poussa un soupir et repartit avec une moue déçue. Mirlina le suivit du regard, s’assurant qu’il ne tenterait pas de revenir, puis reporta son attention sur les arbres. En un éclair, elle dégaina son arbalète et tira sur celui à sa gauche. Le carreau fusa et frappa le tronc avec un petit bruit sourd. La jeune femme rengaina son arme.
- La prochaine fois, je ne viserais pas à coté.
Un réprouvé sortit la tête d’entre les branches et offrit ce qui pouvait passer pour un sourire à la voleuse.
- Je suis impressionné.
Elle masqua son dégoût et opina.
- Je le suis également.
- Oh ?
Elle sourit d’un air amusé.
- Je ne vous ai pas senti. (Se moqua t-elle.)
Le réprouvé balaya l’insulte d’un revers de la main.
- Je suis resté très propre.
- Descendez donc.
Le réprouvé opina, mais alors qu’il allait sauter, la voix de l’elfe le retint.
- N’oubliez pas mon carreau.


Le réprouvé rejoignit la voleuse dans la clairière et s’inclina humblement avant de lui tendre son carreau qu’elle accepta avec gratitude.
- Cela fait plusieurs jours que je vous observe.
- Je l’avais remarqué.
Dit-elle en rangeant le carreau à sa ceinture.
- Mais ce que je ne sais pas, c’est pourquoi.
Elle plongea son regard au fond des orbites vide du réprouvé. Celui-ci émit un soupir amusé.
- Vous faire une proposition.
- Je ne suis pas intéressée. (Déclara t-elle en tournant les talons.)
- Je vous ai vu tuer le garde.
Elle se figea et fit volte-face.
- Menacez-vous de me faire chanter ?
- Rien de tout cela (Répondit-il avec amusement.) Mais j’en connais la raison. Ce qu’aucun noble de la cité ne sait. Ce qui pourrai faire de vous une femme du peuple et non une vulgaire criminelle.
Mirlina le dévisagea sans rien dire un long moment.
- Et pourquoi l’ais-je tué d’après vous ?
Le réprouvé haussa les épaules.
- Parce que c’était un garde corrompu, tournant la tête pour ne serait-ce qu’un verre à la taverne ou un peu de mana ? Parce qu’il violait de jeunes femmes dans des rues sombres ? Car il dealait ? Où que sais-je encore ?
Mirlina ne dit rien.
- Ce garde était un cancer qui ronge notre monde. Mais, aussi louable soit votre action, elle ne suffit pas à endiguer le mal. Et c’est cela que je suis venu vous proposer aujourd’hui. Ma ligue est à la recherche de talents comme les vôtres afin de débarrasser l’Outreterre d’Illidan et des démons en général qui y règnent.
La voleuse prit un instant pour considérer l’offre afin de secouer doucement la tête.
- Ce n’est pas mon combat. (Elle pointa du doigt Lune d’Argent un peu plus loin.) Là est ma place. Cette cité doit renaître, renouer avec sa gloire d’antan. Et je refuse de laisser des rats perfides la ronger pour la laisser pourrir !
Son interlocuteur inclina la tête sur le coté avant d’opiner.
- Je comprends.
Il s’en retourna et s’arrêta aux limites de la clairière.
- Toutefois, si jamais vous reveniez sur cette décision, si vous décidiez de changer les choses à plus grande échelle… Passez la porte des ténèbres et rejoignez la région qui se nomme Terrokar. Au sud, il y a une immense structure nommée Auchindoun. C’est là que vous pourrez nous trouver…
Et il disparut. Mirlina regarda l’endroit où il était parti un long moment avant de reprendre la route de Lune d’Argent, un tas de questions se bousculant dans son esprit.




Les jours passèrent, se transformant en semaine. Mirlina s’assit sur le rebord d’un toit, laissant ses jambes balancer dans le vide, pensive. Elle ne cessait de ressasser sa rencontre avec le réprouvé. La proposition de ce dernier était pour le moins intéressante. Surtout qu’elle devait bien l’admettre… Elle s’ennuyait fermement ! Lühanne lui manquait. Bien sûr, elle s’était revue à quelques reprises en terrain neutre. Mais leurs visites s’étaient espacés jusqu’à pratiquement s’arrêter. La druidesse était constamment en mission pour les siens ou en quête de ses origines. Mirlina poussa un petit soupir et porta son regard dans la rue en contrebas d’où des éclats de voix s’élevaient. Enfin elle allait avoir quelque chose à faire. Elle détailla rapidement la situation. Un elfe menaçait une jeune femme à l’aide d’une dague, une main plaqué sur sa bouche pour l’empêcher de hurler. La voleuse bondit sur ses pieds et sauta sur un toit un peu plus bas. Puis, elle dégaina son arbalète et visa l’agresseur. Mais au même moment, des gardes arrivèrent et maîtrisèrent l’homme avant de l’emmener. Mirlina abaissa son arme, presque déçue, avant de la ranger en poussant un long soupir d’ennui. Elle leva les yeux vers le ciel, songeuse.
L’Outreterre… Elle laissa le mot rouler sur sa langue un petit moment. Elle n’avait plus rien à faire dans cette cité… Servir un plus grand dessein… Sa décision était prise ! Elle tourna les talons et partit dans sa chambre à la taverne afin de préparer ses affaires. Elle avait une longue route à faire.



Mirlina traversa les régions connues sous le nom de péninsules des flammes infernales et marécages de zangar en quelques jours. Elle montait son campement loin de routes et des villes, ne dormant que d’un œil. Cela faisait maintenant quelques mois que la Horde et l’Alliance avaient commencé à purger ce monde, mais pour autant, tous les dangers n’étaient pas écartés. La voleuse mit encore près d’une semaine avant de traverser la forêt de Terrokar. Comparé aux deux premières régions, elle trouvait celle-ci calme et apaisée. Le contraste était assez saisissant. Mais elle déchanta bien vite en apercevant le désert au sud. Mirlina conduisit son chocobo entre les tas d’ossements, jetant des regards autour d’elle. Les vautours étaient occupés à rechercher des bouts de chair parmi les os sans s’occuper d’elle. Un peu plus loin, elle aperçut des spectres au regard vitreux, marchant sans but entre des ruines, près de cadavres. Mirlina eut pitié d’eux.
Elle arrêta sa monture devant une espèce d’immense colisée. Elle en fit le tour afin de trouver une entrée et s’avança au milieu de la structure. Et elle attendit. Les heures devinrent des jours sans que personne ne vienne. Mirlina se pinça les lèvres, légèrement agacée tout en attisant son feu avant d’y déposer un morceau de viande.
- Je savais bien que c’était une erreur…. (Marmonna t-elle.)
La nuit suivante, alors qu’elle pensait partir, elle aperçut de la fumée s’échappant du sommet du colisée, sur sa gauche. Mirlina sortit une lunette de son sac et regarda au travers. Des ombres se mouvaient près d’un feu. Pourquoi ne venaient-il pas la voir ? Son feu était largement visible… Elle poussa un petit soupir en regroupant ses affaires. Une heure plus tard, elle commença à escalader la structure. Fort heureusement, la roche proposait de nombreuses prises. Elle ne mit que quelques heures avant d’atteindre le sommet. Se déplaçant de cachette en cachette, elle se rapprocha du feu et découvrit un petit groupe, discutant paisiblement. Elle les dévisagea un à un et reconnut le réprouvé rencontré quelques semaines plutôt. Sur ses gardes, prête à dégainer, elle s’avança vers le groupe.



Les regards se tournèrent vers la jeune femme, et elle aperçut l’ébauche d’un sourire sur quelques visages. Il y avait là un tauren, deux orcs et un elfe, sans oublier le réprouvé. Ce dernier prit la parole.
- Nous vous attendions Dame Mirlina. (Il lui indiqua une place vacante autour du feu.) Installez vous, je vous prie. Oh, et nous ne vous voulons aucun mal, vous pouvez laissez vos armes dans leurs étuis.
La jeune femme plissa doucement les yeux, observant. Mais il n’y avait que des sourires chaleureux tournés vers elle. Aussi décida t-elle de s’installer tranquillement.
- Bienvenue. Nous avons craint que vous ne veniez pas.
Mirlina dévisagea le réprouvé un long moment avant de répondre.
- Autrement dit, c’était un test ?
Il opina.
- En quelque sorte.
Le tauren émit un petit rire avant de sortir une brochette des flammes qu’il tendit à la voleuse.
- Vous en voulez ? Ce sont des crevettes.
Elle hésita un instant avant d’accepter la brochette avec gratitude.
- Pardonnez-moi, je manque à tous mes devoirs… Ne connaissant plus la faim, j’oublie souvent de proposer à manger…
La voleuse mordit dans les crustacés avec appétit. Une fois la dernière bouchée avalée, elle répondit.
- Je vous remercie. Mais je suppose que vous ne m’avez pas fait monter juste pour m’offrir un bon repas.
- Directe. J’aime beaucoup ça. (Répondit le mort vivant d’un air amusé.) Effectivement, si nous vous avons fait venir ici c’est pour une proposition.
- Combattre le mal qui règne en Outreterre. (Dit-elle avec assurance.)
Ils acquiescèrent.
- Comme ça ? Sans test ? Sans me connaître ?
Le mort vivant émit un son guttural étrange pouvant passer pour un rire.
- Les tests ont déjà été passés. Vous avez fait preuve de patience, de réflexion, et d’agilité. Et surtout de motivation pour avoir ainsi traversé Azeroth et une partie de l’Outreterre sans savoir ce qui vous attendait. Nous n’avons pas besoin de plus.
Mirlina resta silencieuse alors que tous les regards étaient tournés vers elle.
- Avez-vous d’autres questions ?
- … Pourquoi moi ?
- Car vous êtes animés du même besoin de justice que nous.
- Et comment l’avez-vous su ?
- Nous avons arpenté le monde dans ce seul but. Afin de nous préparer. Afin de recruter. Et bientôt, nous serons prêt. Êtes-vous des nôtres ?
Mirlina prit le temps de réfléchir, laissant son regard courir sur chaque personne autour d’elle. Elle les dévisagea un à un, à la recherche de tout signe suspect. Mais elle ne vit que des sourires emplis d’honnêteté.
- Je suis des vôtres.
Le réprouvé opina avec satisfaction et souleva un tisonnier brûlant dont l’extrémité représentait une petite lame. Mirlina déglutit, mais elle dénuda son bras gauche sans hésitation et le présenta au mort vivant. Des regards d’encouragements la suivirent au moment ou le métal brûlant rencontrait sa chair. Elle grimaça, un frémissement secouant son corps, mais n’émit pas le moindre son. Puis, elle regarda la marque avec un étrange sentiment. Tous ses nouveaux compagnons relevèrent leurs manches, dévoilant leur bras gauche marqué de la même façon. Un flacon fut tendu à la jeune femme et elle croisa le regard de l’elfe qui lui sourit avec compassion.
- ça soulagera la douleur et évitera les infections. Nous en avons tous prit. Enfin, sauf…. (Murmura t-il avec un sourire en coulant un regard vers le réprouvé.) Au fait, moi c’est Kaly.
La voleuse accepta le flacon avec gratitude et se servit du contenu pour se masser la plaie doucement.
- Bienvenue parmi nous, Duchesse Mirlina Aube-Glorieuse. Tu es désormais des nôtres. De notre famille.

_________________
- Lühanne, soins ! Mais qu'est-ce qu'tas foutue bordel ?
- Euh... Quoi ça ? < était afk > Han, j'ai eu une déco serveur !


Revenir en haut Aller en bas
Lühanne
Orbeux(se)
avatar

Messages : 303
Date d'inscription : 14/05/2010
Age : 29
Localisation : J'vais pas vous l'dire !

MessageSujet: Re: Mirlina : De la magie à l'Obscurité.   Mar 08 Nov 2011, 00:09

Chapitre 12 : Trahi.




Les obscurs étaient tous là, derrière elle. La voleuse glissa son regard sur chacun d’entre eux, puis sur leur chef, Jux, le voleur réprouvé. Ce dernier opina d’un air entendu, et les deux assassins s’avancèrent dans le village, se camouflant avec tout et n’importe quoi. La cité semblait totalement déserte. Personne ne vint les accueillir. Mais c’était normal. Les habitants étaient cloîtrés chez eux. Ils avaient fait appel à la ligue pour les débarrasser d’un mal qui les menaçait depuis bien longtemps. Derrière l’elfe, les autres membres de la guilde pénétraient le village avec prudence. D’après les villageois, leur ennemi serait un monstre épouvantable, indescriptible et immense. Pourtant, ils ne voyaient rien. Soudain, un léger gémissement flotta dans la cité, et un courant d’air glacé enlaça Mirlina. La voleuse sentit son estomac se nouer. Quelque chose la menaçait… Dans son dos ! Elle se retourna vivement et donna un coup de coude à cet ennemi mais ne rencontra que le néant. Elle écarquilla les yeux et une nouvelle bourrasque la pétrifia. Soudain, une vision de cauchemar apparut devant ses yeux. Mirlina poussa un cri muet et rassembla toute la force de sa volonté pour bondit en arrière. La créature était minuscule, mais terrifiante. Elle avait un visage vaguement humain, mais à jamais figé sur un cri d’horreur. C’était une âme tourmenté, un spectre qui venait se venger sur les vivants. Et il avait de nouveau disparut. La voleuse regarda autour d’elle et remarqua que ses compagnons semblaient en proie aux mêmes terreurs. Elle déglutit et plissa les yeux afin de discerner ses ennemis. Mais elle ne vit rien. Ses amis se battaient dans le vent, poussant des cris, paniquant. Une main se referma sur le bras de la jeune femme. Elle se baissa et envoya son pied dans la direction de la créature et sentit un craquement sous son coup.
- Glrrrr, glaaarg…
Mirlina regarda sa cible et poussa une exclamation de surprise.
- Oh, Jux, je suis désolée…
Le mort vivant leva une main pour lui demander d’attendre et remit sa mâchoire en place avec un nouveau craquement horrible. Il la bougea dans tout les sens afin de vérifier qu’elle reste en place.
- Ce n’est rien. Reste concentrée. Quoi que soit notre ennemi, il semble que notre maîtrise des arts de l’ombre nous donne une certaine immunité face à ses pouvoirs. Regarde autour de toi, tu vois où nous sommes ?
La voleuse prit le temps d’examiner l’endroit et remarqua qu’ils n’étaient plus dans le village mais dans un monde de ténèbres…
- Le monde de l’illusion…
Jux opina.
- Nous devons débusquer cette chose sans attendre alors ! Sinon, nos amis…
- Oui. Mais ne laisse pas la peur s’emparer de toi, sinon, tu es foutue !
Elle acquiesça et se força au calme. Jux lui montra une direction et l’elfe la suivit. Le mort vivant en prit une autre. La voleuse sentait de faibles ondulations dans l’air. Elle remonta le courant et remarqua une sorte de vortex au milieu du sol. Jux était de l’autre coté. Il lui fit un bref signe de tête qu’elle lui renvoya. Et ils s’élancèrent. Jux sortit des ombres et frappa le vortex en son centre. Un couinement répondit à son attaque et une petite explosion d’ombre le repoussa sur quelques mètres. Mais il ne se laissa pas démonter et repartit au combat d’un bond et multiplia ses attaques. Mirlina le rejoignit au moment où un gémissement s’élevait. Une immense créature munie de centaines d’yeux sur tout son corps s’échappa du portail. Elle tournoya sur elle-même et frappa le voleur d’un de ses tentacules. Mirlina évita l’attaque de justesse et frappa. Mais son regard croisa celui de la chose, et elle sentit l’horreur s’emparer d’elle. Elle poussa un cri et recula en se tenant la tête, lâchant ses armes. Jux poussa un cri et se précipita sur son amie. Il lui entailla légèrement le bras, la ramenant à la réalité, avant de jeter une fiole de poison sur le démon. Ce dernier poussa un hurlement de douleur tandis que les toxines brûlaient ses yeux. Les voleurs en profitèrent et retournèrent à l’assaut. Jux creva les yeux du monstre tandis que Mirlina découpaient ses tentacules. Le corps du démon se mit à luire d’une aura sinistre et créa une nouvelle explosion. Mirlina concentra tout son pouvoir afin de s’entourer d’un voile d’ombre et d’éviter l’attaque. Jux n’eut pas ce réflexe et fut rejeté en arrière avec fracas. L’elfe poussa un juron et se dissimula dans les ombres. Le démon rouvrit doucement ses quelques yeux restants et regarda autour de lui. Il s’approcha prudemment du réprouvé, la haine brillant dans son regard. Il utilisa l’un de ces derniers tentacules et souleva le corps inconscient de sol. Et il commença à le broyer. Mais dès la première seconde, une lame découpa l’appendice. La créature poussa un nouveau cri et recula. De petits couteaux se plantèrent dans ses derniers yeux avant qu’elle n’ait le temps de réagir. Soudain, les ombres se dissipèrent. Le démon hurla et retourna à l’attaque. Un rayon d’énergie fonça sur Jux qui se relevait avec peine. Mirlina se précipita sur le maître de la guilde et le poussa. Jux tomba au sol et se retourna pour voir l’elfe être frappé à l’épaule par l’attaque. Mais avant qu’un d’eux ait pu réagir, le monstre s’était précipité sur la voleuse. Et il planta son dernier tentacule dans le corps de l’elfe.
- Mirlina !
Une boule de feu frappa l’immonde créature. Elle relâcha sa victime qui retomba sur le sol avec un bruit mou. Divers projectiles frappèrent le démon, avec toujours plus de forces, plus de précisions. Des boules de givre percutaient le monstre, suivi de boule de feu qui faisait fondre les éclats de glace. Puis, les cieux s’ouvrirent et un éclair descendit sur le démon et le foudroya. Il tomba mollement au sol, brûlé de partout, de multiples plaies laissant son sang couler. Après une ultime tentative pour se redresser, il s’affaissa, mort.
Des exclamations de joies répondirent au dernier râle du démon. Les obscurs laissèrent leur joie s’exprimer et rejoignirent leur chef toujours abasourdit.
- On a réussi !
- Tu as vu ce monstre ?
- C’était pas de la tarte !
- On va avoir besoin d’un bon verre !
- T’es fier de nous j’espère.
Mais Jux ne les écoutait pas. Il regarda autour de lui, paniqué.
Les villageois commencèrent à sortir des maisons et poussèrent des cris de joie à leur tour. Ils rejoignirent leurs valeureux héros et les acclamèrent.
- Au fait, j’y pense… Mirlina n’était pas avec toi ?
Un faible gémissement sur leur gauche attira leur attention. La voleuse était là, étendue sur le sol, baignant dans une mare de son propre sang. Tout le monde se précipita vers elle, affolés et la soigneuse du groupe, s’agenouilla. L’appendice du démon avait transpercé la voleuse, laissant un trou dans son ventre. Fort heureusement, le tentacule n’avait pas été d’un gros diamètre et avait frappé sur le coté, épargnant tout organe. La paladine commença à en appeler au pouvoir de la Lumière, adressant des prières muettes afin de préserver l’étincelle de la vie dans le corps de l’elfe.
Certains pleurèrent. Tous étaient sous le choc. Personne ne parla. Mirlina aperçut pour la première fois le visage des villageois. Elle n’aurait sût dire si c’était la douleur et le sang qui s’écoulait de son corps qui lui provoquaient des hallucinations. Mais aucun d’eux ne semblait sous le choc ou même triste. Hormis une petite fille qui semblait vraiment effrayée.



Jey, la paladine, réussit à sauver la voleuse. Malheureusement, la magie démonique n’était pas facile à purifier. Aussi, la plaie mit beaucoup de temps à cicatriser. Et Mirlina resta dans un état proche du coma durant plusieurs mois, le corps régulièrement secoué d’importants spasmes. Alors quand elle fut guérie, ce fut un jour de fête pour la guilde. Et tous burent. Sauf elle bien sûr, car elle ne touchait plus à l’alcool. Une journée de fête qui se termina bien trop vite. Le lendemain, Jux invita Mirlina afin de lui parler en privé.
- Comment te sens-tu ?
- Bien. Je me sens d’attaque.
Elle lui sourit, mais le réprouvé lui n’eut pas une once de joie sur le visage.
- J’ai eu très peur pour toi. (Il marqua une pause, comme s’il attendait quelque chose. Mirlina baissa simplement les yeux. Il reprit.) Tu n’aurais pas dû t’interposer. Mon corps à moi est mort. Je ne crains pas la douleur physique.
Elle resta silencieuse, presque honteuse, dans tout les cas perplexe, ne sachant que dire.
Le voleur s’approcha d’elle et posa une main amicale sur son épaule.
- Je suis content que tu sois remise.
Elle releva les yeux et vit qu’il souriait. Mirlina se sentit légèrement plus détendue.
- Si tu te sens prête, j’ai une mission à te confier mon amie.
- Je le suis. De quoi s’agit-il ?
- D’espionnage.



La jeune femme porta les jumelles à son visage et regarda le petit village situé plus bas. Elle observa les habitants, les maisons, les champs, l’activité en général et n’y trouva rien d’intéressant. Cela faisait déjà près d’une semaine qu’elle surveillait la cité sans n’y trouver aucun intérêt. Elle se demandait même si Jux ne l’avait pas mise sur cette mission afin de ne plus l’avoir dans les pattes… Elle se mordit les lèvres pour repousser ce genre de pensée et l’agacement qui l’habitait. Mirlina rangea ses jumelles et se pelotonna un peu plus dans sa couverture. Les nuits étaient très froides dans cette région. Elle s’endormit.
Des bruits et de l’agitation dans le village la tirèrent de ses rêves en plein milieu de la nuit. Mirlina remarqua une étrange activité. Elle descendit sans un bruit de sa cachette et profita du couvert de la nuit pour se camoufler et se rapprocher du village. Elle évita facilement les quelques paysans en patrouilles et rejoignit le lieu d’intérêt de la ville.
- Ici Seigneur. Et je vous promets que nous la protégerons de nos vies !
Le chef de village se frappa le torse de son poing. Mirlina plissa les yeux et se décala légèrement pour apercevoir son interlocuteur. C’était une image holographique d’un démon de type éredar.
- Je n’en doute pas voyons. (Ricana le démon.) Bien, mes soldats arriveront d’ici demain afin de prendre possession de la relique (Il marqua le mot.) Ils seront votre escorte. Vous viendrez jusqu’à moi, dans ma forteresse d’Ombrelune, sous les ruines Shi’tars. Mais en attendant, vos vies ont moins d’importance que l’artefact. Tuez tout ceux qui s’en approcheront !
- Oui Seigneur !
L’érédar disparut sans un bruit et la vie sembla reprendre son cours dans le village. Mirlina s’éloigna discrètement après avoir relevé la maison contenant la fameuse relique. Puis, elle sortit de sa poche une boule ronde grise. Elle se concentra dessus et fit apparaître l’image de Jux.
- Je pense avoir découvert ce que tu redoutais.
- Je t’écoute.
- Ils ont en leur possession un artefact.
- De quel genre ?
- Je ne sais pas. Ils l’ont placé dans une maison. Mais elle est très peu gardée. De plus, il s’agit de paysans. Je pourrais la dérober sans soucis.
Jux prit un instant pour considérer la chose.
- Il n’y a que des paysans ?
Mirlina se pinça la lèvre.
- Je ne peux en jurer. Ils conversaient avec un seigneur éredar.
- Les choses se compliquent. Ne fais rien pour l’instant. Je t’envoie de l’aide.
- D’accord… (Répondit la voleuse d’une voix déçue.)
- Que vont-ils faire de l’artefact ?
- L’éredar a parlé d’envoyer ses soldats pour escorter les paysans et l’objet jusqu’à lui.
Jux écarquilla les yeux.
- Sais-tu où ?!
- Sous les ruines Shi’tars, en Ombrelune.
Le réprouvé resta interdit un moment.
- Bien… Hum… Nous y allons de ce pas. Attend tes renforts et subtilisez l’artefact.
- Reçu.
- Que l’ombre te guide mon amie.
- Toi aussi.
Jux coupa la connexion, laissant Mirlina seule. La jeune femme regarda le village un peu plus loin et haussa les épaules. Quel mal cela ferait-il qu’elle y aille quand même ? Aucun décida t-elle. Aussi, Mirlina retourna dans le village. Elle évita une nouvelle fois les rares patrouilles, prit son temps afin d’être la plus silencieuse et discrète possible. Et elle pénétra dans la maison où reposait l’artefact. Elle inspecta le rez de chaussés, puis grimpa les escaliers. Elle trouva étrange de ne rencontrer aucun garde, mais ne s’en préoccupa guère plus. Elle fouilla l’étage et découvrit rapidement un coffre, déposer au centre d’une pièce. Mirlina s’en approcha prudemment et fit le tour de la boîte, à la recherche d’un quelconque piège. Mais n’en trouva pas. Elle fronça le nez, légèrement inquiète. Mais pour autant, elle ne se démonta pas et crocheta la serrure afin de faire coulisser la partie supérieure du coffre. Il était vide. La voleuse recula, incertaine. Mais qu’est-ce que tout cela pouvait bien signifier ? Avaient-ils caché l’objet ailleurs ? Elle retourna sur ses pas et s’apprêta à quitter la demeure quand des sanglots l’interpellèrent. Elle en chercha la provenance et trouva une pièce dissimulée. Mirlina fit pivoter le pan de mur et fit quelques pas sur le qui-vive. Une jeune fille était là, prostrée, pleurante. L’elfe s’approcha doucement et posa une main sur l’épaule de la jeune inconnue. Cette dernière sursauta et releva ses yeux vers Mirlina. Et le sang de celle-ci se figea. Elle la reconnaissait. C’était la jeune fille qu’elle avait vue des semaines plutôt après l’affrontement qui avait failli lui coûter la vie. Mais que pouvait-elle bien faire ici ? Etait-elle l’artefact ?
- Qu-Que fais-tu ici ?...
Mirlina avait parlé d’une voix plus basse qu’elle ne l’aurait voulu. La jeune fille quand à elle essuya son visage en reniflant.
- Je me cache des démons…
- Mais pourquoi es-tu si loin de ton village ?
La jeune fille lui fit signe de se rapprocher. Mirlina, légèrement méfiante, mit une seconde avant d’approcher son oreille de la jeune fille.
- Parce que nous sommes du même clan… Ils sont adorateurs de démons. Mais pas moi… Je ne veux pas… Ils me font peur… (Murmura t-elle.)
La voleuse déglutit.
- Tu veux dire… Que…
Elle acquiesça.
- C’était un piège… Et vos amis, ils sont déjà morts…
Mirlina resta stoïque, totalement interdite, choquée. La jeune fille se remit à pleurer.
- Je suis désolée… Désolée… Ils m’ont interdit de vous parler… Menacer ! Je suis désolée, je ne voulais pas…
L’elfe se redressa lentement, toujours sous le choc. Les paroles de la femme résonnaient dans son esprit. Morts…Elle agrippa la jeune femme et la souleva.
- Quel était le piège ?!
- Vous séparer… Et faire en sorte que vous vous rendiez où le maître le voulait… Une partie ici… L’autre… Dans les ruines… Seule la mort les y attend.
Mirlina repoussa la jeune fille comme si le simple fait de la toucher lui était insupportable.
- Je dois les prévenir !
Elle sortit de la maison à toute vitesse, faisant fi de son camouflage. Quelques paysans tentèrent de l’arrêter, mais elle s’en débarrassa facilement. Et alors seulement elle se rendit compte qu’elle avait déjà vu certains de ces visages dans l’autre village. Elle retint un tremblement de dégoût, la colère montant en elle, et siffla. Aussitôt, une wyverne descendit en piqué sur le village. Mirlina sauta et attrapa la monture au vol avant de prendre la direction d’Ombrelune, priant pour qu’elle arrive à temps.



Jux raffermit la prise sur sa dague. Il n’aurait pas le droit à l’erreur. Il avança d’un pas lent, mesuré. Ses compagnons prenaient place un peu partout autour des ruines. Certains les survolaient, prêt à mettre fin à une menace de plus. Le voleur sentait une certaine excitation, comme les battements d’un cœur au plus profond de lui, qu’il ne put identifier. Mais il refusa d’être perturbé et continua d’avancer. Il se pencha au dessus d’un long escalier qui menait loin sous les ruines et ne vit que la noirceur des ténèbres. Des bruits remontèrent des profondeurs, et le réprouvé recula pour se mettre à couvert, faisant quelques signes à ses amis. Ceux-ci l’imitèrent et attendirent. Dix gardes démoniaques remontèrent à l’air libre et s’avancèrent parmi les ruines en formation serrée. Puis, une deuxième unité arriva. Quelques ordres furent hurlés, et la troupe se mit en marche.
Maintenant !
Jux passa à l’attaque, imité par ses camarades. Grâce à l’effet de surprise, ils réussirent rapidement à déborder les démons et à les massacrer. Quelques exclamations de joies ponctuèrent la petite victoire, vite tût par un ordre de Jux. Les obscurs se remirent en ordre et se préparèrent à plonger dans les sous bassement. Mais un cri à glacer le sang résonna. Les aventuriers firent volte face pour voir l’un des leurs chuter de sa monture et s’écraser avec un horrible bruit d’os brisés. Alors qu’ils étaient encore sous le choc, une multitude de lances tombèrent du ciel, changeant le jour en nuit. La moitié des obscurs tombèrent en quelques secondes. Les survivants se cachèrent sous les maisons en ruines. Puis, tout s’arrêta. Jux risqua un œil dehors, inquiet. Le sol se mit à trembler et le cliquetis du métal résonna. Et une cinquantaine de démon sortirent des sous sols et se jetèrent sur les membres de la guilde.



Mirlina sauta à bas de sa monture alors qu’elle arrivait à peine au dessus des ruines. Elle attrapa les pans de sa cape et s’en servit pour amortir sa chute, puis elle se mit à courir entre les restes abandonnés, affolée et apeurée. Elle chercha durant de longues minutes jusqu’à être hors d’haleine. Elle priait, priait. Tout son corps était en sueur et lui faisait mal. Mais elle poursuivait sa course inlassablement, la peur la tiraillant, lui donnant des ailes. La voleuse aperçut quelque chose sur sa droite. Elle déboula dans l’allée principale et s’arrêta. Ses tempes battaient avec force et sa vue se brouillait. Elle avança en titubant entre des lances étrangement plantées dans le sol. Un liquide poisseux donnait une teinte rouge à la terre. La voleuse frémit et regarda autour d’elle. Des corps de démons jonchaient le sol à divers endroits. Mais également… Le cœur de la voleuse rata un battement. Elle tomba à genou, à bout de souffle, meurtrie, et rampa vers les corps sans vie de ces compagnons. Elle toucha le visage de Jux et des larmes roulèrent sur ses joues. Mirlina poussa un cri de détresse et s’affaissa mollement. Ils avaient été trahis…

_________________
- Lühanne, soins ! Mais qu'est-ce qu'tas foutue bordel ?
- Euh... Quoi ça ? < était afk > Han, j'ai eu une déco serveur !


Revenir en haut Aller en bas
Lühanne
Orbeux(se)
avatar

Messages : 303
Date d'inscription : 14/05/2010
Age : 29
Localisation : J'vais pas vous l'dire !

MessageSujet: Re: Mirlina : De la magie à l'Obscurité.   Sam 26 Nov 2011, 14:30

Chapitre 13 : Vers une nouvelle destinée…



La pluie tombait depuis des jours déjà, inondant le sol et transformant la terre en boue. Mirlina soupesa la dague dans sa main avant de raffermir sa prise sur l’objet. Elle sortit de sa cachette et posa une main sur la bouche de l’homme devant elle. Puis, d’un mouvement sûr et sec, elle fit glisser sa lame sur la gorge de l’inconnu, le tuant en silence. Elle traîna le corps à l’écart et prit une nouvelle position. L’eau qui coulait devant ses yeux et brouillait légèrement sa vision n’aurait pu l’empêcher de mener à bien sa mission. Une nouvelle sentinelle passa à sa portée. Elle connut le même sort que la précédente. Mirlina s’approcha un peu plus de son objectif. Dix hommes déjà. Dix… Elle secoua la tête pour repousser ce genre de pensée. Elle ne devait pas se laisser distraire. Son but était clair et tout proche. Elle fit une roulade en changeant de cachette. Plus que dix mètres. Un nouveau garde s’approchait. Elle grimaça en vérifiant sa prise sur son arme. L’homme s’arrêta et secoua doucement la tête pour chasser l’eau dans ses yeux avant de reprendre sa ronde. Mirlina le laissa passer devant elle avant de lui trancher la gorge. Un de moins. Il ne restait plus qu’un seul garde. S’il avait de la chance, ils ne se croiseraient pas et resterait en vie. Mais il restait le problème des soldats à l’intérieur de la hutte… Elle haussa les épaules et s’avança d’un pas sûr vers l’entrée de la tente. Aussitôt à l’intérieur, les individus furent en alerte. Mais elle ne leur laissa pas le temps de crier, d’appeler à l’aide, ou simplement de devenir une menace pour elle. Elle sauta et envoya trois étoiles sur ses adversaires. Les petits objets de métal sifflèrent en fendant l’air et se plantèrent dans la tête de leur cible avec une précision mortelle. Mirlina se réceptionna en faisant une roulade et planta sa dague dans le cœur du quatrième garde qui tomba avec un bruit mou. Elle essuya son arme et ouvrit le coffret qui trônait au centre de la pièce. Un petit objet attendait à l’intérieur. Enfin. Il s’agissait de la chose qu’elle avait pensé trouver dans l’autre village. Quand… Sa gorge se serra et elle resta immobile durant quelques secondes, la colère défigurant son visage, dénaturant ses traits. Avec cet objet, elle pourrait trouver le démon responsable de tout ça. Et le tuer !
Elle sortit de la hutte. Le garde en patrouille l’aperçut et appela à l’aide. Trop tard. Plus personne ne pouvait l’aider. Mirlina dégaina son arbalète, et sans vraiment le regarder, elle tira. L’homme tomba à genou, le carreau fiché dans la gorge, gargouillant alors que son sang s’engouffrait dans sa trachée artère et le noyait. Il s’affaissa et fut secoué de quelques spasmes alors qu’il luttait inutilement pour sa vie. Mirlina disparu avant qu’il ne meure.



Trois heures après, la voleuse se trouvait de nouveau aux ruines où les siens avaient trouvé la mort. Elle vérifia son équipement, ses munitions et rechargea son arbalète. Elle l’attacha à son poignet, reliant une gâchette plus longue qu’elle fit passer dans son poing. Un cadeau de Jux, pour son rétablissement… Elle l’avait testé, mais encore jamais utilisé en condition de combat… Elle allait en avoir l’occasion. Sous son autre avant bras, elle attacha un petit pistolet dont le mécanisme ingénieux lui permettait de rester dissimuler sous les vêtements jusqu’au moment où son propriétaire voulait l’utiliser. L’arme sautait dans la main de son utilisateur qui pouvait alors faire feu.
Une fois prête, Mirlina s’engouffra dans le petit passage. Elle descendit les escaliers en silence. Un démon lui barra rapidement le passage. Elle lui brisa le bras d’un simple coup avant de mitrailler son torse de coup de dagues rapides et meurtriers. La créature s’affaissa dans un simple râle et laissa le chemin libre pour la voleuse. Mirlina avança inlassablement dans ce labyrinthe, tuant toutes les créatures qu’elle croisa de façon méthodique, aussi bien humaine que démonique. Finalement, elle arriva dans la salle où leur chef attendait. Au milieu d’ingénieur de la légion, il ne semblait pas être au courant de l’arrivée de la voleuse. Mirlina sortit des ombres en sautant sur le démon le plus proche qu’elle tua en silence. L’un des scientifiques l’avait vu. Il ouvrit la bouche pour appeler à l’aide. Mais un carreau se ficha entre ses deux yeux et le propulsa contre le mur du fond. Aussitôt, les autres se retournèrent et l’aperçurent. Mirlina envoya ses armes de jet dans toutes les directions, tuant instantanément trois autres monstres. Le chef leva la main pour ordonner à tout le monde de se calmer.
- Impressionnant. Je sens que la rage t’a donné beaucoup de force elfe. Mais recherches-tu à ce point la mort pour venir affronter un lieutenant de la légion ardente dans son repaire ?
Elle ricana.
- Tu n’es rien du tout. Je sais que tu es un banni. Voilà pourquoi tu t’allies à de pauvres villageois. Tu te sers de leur adoration pour alimenter ton pouvoir et ainsi créer ta propre armée. Mais nous étions une épine dans ton pied. Il ne fallait pas que tes esclaves puissent avoir l’idée de te laisser tomber. Alors tu les as utilisé pour nous détruire.
Le démon la considéra un long moment.
- Qui ça, nous ?
- Obscur…
Il poussa un petit soupir.
- Ah ! C’est donc cette affaire là qui t’amène. Mais toi, tu es en vie. Et puissante. Je saurais avoir l’utilité d’un tel potentiel. Le passé est le passé. Rejoindre tes amis dans la mort ne les aidera pas et ne t’aidera pas. Que dirais-tu de déposer les armes et de te joindre à moi ? Tu pourrais avoir tout ce que tu veux. Un pouvoir plus grand que dans tes rêves les plus fous ! Avec ton aide, je pourrais reprendre une place de choix au sein de la légion. Et tu n’aurais pas à le regretter.
Elle ricana de nouveau.
- Hormis la perte de mon âme. (Elle retrouva son sérieux, posant sur le démon un regard d’acier, empli de mépris et de hargne.) Tu es minable. Et je vais mettre fin à ta vie.
- Mauvaise réponse.
Le démon abaissa la main. Un garde démonique apparut à la droite de Mirlina et la chargea. La voleuse ne daigna même pas regarder. Elle leva son bras droit et activa le mécanisme de son arme. Aussitôt, le pistolet jaillit et trouva ses doigts. Et elle appuya. Le démon tomba, mort. Elle lâcha l’arme et envoya de son autre main une petite bombe qui fit le ménage parmi les démons. Seul le chef restait. Elle le chargea. Ce dernier attendit le dernier moment et lui envoya un puissant coup dans le torse. Mirlina accusa le coup en grognant. Elle fit une galipette pour se remettre debout et taillada le bras du démon. Profitant de son moment de détresse, elle passa sous sa défense et le planta. Le monstre poussa un hurlement en reculant précipitamment. La voleuse poursuivit ses attaques sans relâche, repoussant toujours plus son ennemi, lui causant toujours plus de dégâts. Mais les blessures restaient superficielles et le démon reprit le dessus sur la voleuse. Il attrapa son pied et la frappa violemment contre le sol. Mirlina resta étourdit un bon moment. Le démon la fit valser à travers la pièce. Elle cogna contre un mur et glissa à terre dans un état de semi inconscience.
- Pauvre folle. Tu n’avais pas la moindre chance.
Le démon fit apparaître une épée de flamme dans ses mains.
- Tu aurais du accepter ma proposition. Mais n’ai crainte, je t’envoie rejoindre tes amis !
Il rejoignit le corps de son ennemie d’un bond et frappa. A la dernière seconde, Mirlina roula sur le coté. La lame du démon continua sa trajectoire et s’enfonça dans le sol, au milieu d’explosifs. La détonation qui suivit lui arracha le bras. Brûlé sur tout le corps, le démon s’écroula. Mirlina lui sauta alors dessus et, avec une rage qu’elle-même ne soupçonnait pas, le décapita sauvagement. Elle tenait sa vengeance…
La voleuse repartit en claudiquant, exténuée, et toujours pleine de colère et d’amertume.


La pluie continuait de tomber sur l’Outreterre. Mais également sur Azeroth. Le cortège s’avançait en silence vers le cimetière. Les cercueils furent mit en terre sans un mot. Et les survivants d’Obscur restèrent là, le regard perdu dans le vide. C’est dans cette atmosphère lourde qu’arriva Mirlina. Elle s’agenouilla devant les tombes et pria quelques instants. Puis elle se redressa au moment où un éclair zébrait le ciel.
- J’ai réussi Jux… Je l’ai fais… Il est mort. (Des larmes roulèrent sur ses joues.) Et cela n’a rien changé à ma peine, à ma douleur… Je suis perdue Jux… La vengeance ne m’a pas apaisée... Et je ne sais même pas si elle vous a été profitable…
Un tauren se rapprocha d’elle. Mirlina sursauta en se rendant compte de sa présence.
- Kaine, je ne t’avais pas entendu…
L’intéressé posa une patte amicale sur l’épaule de son amie.
- Il me manque aussi. A nous tous.
- Je suis perdue…
Il poussa un profond soupir.
- Obscur… Est morte.
Elle secoua doucement la tête.
- Jux ne l’aurait pas voulut. Il aurait désiré que nous poursuivions…
- C’est sans importance maintenant.
- Pas pour moi… Je souhaite toujours défendre les opprimés.
- C’est de leur faute si nous en sommes là.
- Ils ne méritent pas ça. Ils ne peuvent nous comprendre..
Le tauren laissa sa colère prendre le dessus.
- Comment peux-tu rester aussi calme ?! Tout ça, c’est de leur faute ! Ces gens nous ont trahit ! Voilà ce que nous avons récolté à les aider…
- Nous ne pouvons condamner tout le monde pour les agissements de quelques uns…
Les deux amis se dévisagèrent un long moment alors que l’orage gagnait en intensité, zébrant le ciel de myriades d’éclairs.
- Nous réclamons vengeance.
Les yeux de Kaine brillaient d’une colère comme Mirlina n’en avait jamais vu. Elle avait l’impression qu’il pouvait la soumettre par ce simple regard. Elle se détourna, désarmée.
- Eux, tout comme moi, nous n’avons plus la force de nous battre pour eux. Mais nous allons traquer les responsables. Là sera notre dernière action. Avant de retourner dans l’anonymat le plus complet.
- Cela sera inutile…
Kaine plissa les yeux, l’incompréhension se lisant sur son visage.
- Que veux-tu dire ?
De nouvelles larmes roulèrent sur les joues de l’elfe qu’elle dissimula comme elle put.
- Car je l’ai déjà fait ! Et ça n’a pas apaisé ma souffrance, bien au contraire. (Répondit-elle d’une voix qui ne tremblait pas.)
- Tu les… As tous tué toute seule ?
- Quelques gardes humain, et le démon responsable….
Le tauren garda le silence quelques instants.
- C’est loin d’être suffisant. (Finira t-il par déclarer.)
Mirlina releva la tête.
- Qu-Quoi ?
Kaine demeura stoïque, le visage sombre.
- Puisses les dieux, ou une quelconque autre créature d’un attribut divin avoir pitié d’eux. Car nous n’en aurons aucune. (Dit-il, les dents serrées.)
Mirlina resta silencieuse, totalement abasourdit.



- Ils payeront tous. Pour avoir détruit notre groupe. Nous les traquerons tous. Peu importe qui ils sont… Nous ne leur laisserons pas le temps de rejoindre les démons. J’aimerais que tu te joignes à nous Mirlina. Mais sinon, je te demanderais de ne pas te mettre en travers de notre route.
La voleuse le dévisagea avec horreur. Elle n’en croyait pas ses oreilles. Etait-il sérieux ? Elle déglutit en se rendant compte que oui. Mirlina croisa le regard de chacun de ses compagnons et reconnut la même ardeur dans leur regard.
- Je… Je refuse de vous laisser bafouer leur mémoire…
- Tu as fais la même chose ! (Hurla Kaine.) Toi aussi tu as du sang sur les mains ! Toi aussi tu as réclamé vengeance ! Ne nous prive pas de la nôtre !
- Et ça ne m’a rien apporté ! Vous croyez que ça changera quelque chose ? Que ça vous soulagera ? Non ! Ils vous attendront… Et… Je ne veux pas… Compter d’autres amis dans ce cimetière…
Kaine fronça le nez de mépris.
- Tu ne nous crois pas capable de nous débarrasser de quelques paysans ?! (Il laissa sa colère exploser.) Je te croyais notre amie, et tu nous insultes ! Disparaît ! Hors de ma vue Mirlina !
Lentement, les autres encerclèrent la voleuse, ne lui laissant qu’une seule porte de sortie. A nouveau, des éclairs parcoururent le ciel, laissant à Mirlina le temps de voir la détermination sur leur visage. Elle recula hors de portée de Kaine et leva la tête vers le ciel, laissant l’eau ruisseler sur son visage. Le tauren vit la tristesse dessinée sur les traits de son amie et il ressentit un pincement au cœur. Mais il le repoussa et resta ferme.
- Quelle est ta décision ?
La voleuse pleurait. Elle savait ce qu’elle devait faire. Peut-être allait-ce être son dernier combat… Mais elle ne pouvait les laisser aller au devant de la mort et ruiner la mémoire de leurs amis. Elle savait que les ennemis de la ligue seraient prêts à les accueillir. Que les hommes se ligueraient contre eux. Elle ne pouvait les laisser changer Obscur en quelque chose de si noir. Elle rouvrit les yeux et regarda son ancien frère d’arme avec amertume.
- Je vais vous combattre… Du sais-je en mourir… (Elle prit une profonde inspiration sous les regards de colère de ses anciens compagnons.) Je resterais droite et fière… Mes lames repousseront les ténèbres de vos cœurs… (De nouvelles larmes roulèrent sur son visage.) Peu importe ce qu’il m’en coûtera… Pour leur mémoire… Je vous combattrais tous !
Elle dégaina ses armes dans un tintement métallique. Kaine secoua doucement la tête en dégainant la sienne, une longue faux.
- Sache que cela me peine. Mais je n’hésiterais pas !
Il pointa son arme vers elle alors que ses compagnons dégainaient les leurs.
- Un dernier mot, fille du sang ?
Mirlina resta droite et répondit d’un simple murmure.
- Obscur…
Kaine se raidit un instant, incertain. Il cracha et raffermit sa prise sur son arme.
- Adieu fille du sang !
Mirlina croisa ses lames au dessus de sa tête avant de se mettre en garde.
- Invisible… Mais connu de tous… Être de légende au service de la justice… Seuls, dans les ténèbres, nous combattrons… La mort n’est pas une ennemie. La côtoyer fait partie de la vie. Bien que l’ombre soit notre référence, seule la lumière de la justice guidera nos pas… Nous sommes Obscur !
Et elle disparut. Le tonnerre gronda. Tous restèrent sur leurs gardes. D’un coup, la voleuse reparut et frappa les genoux d’un réprouvé qui tomba au sol en hurlant, les os brisés. Puis, elle retourna dans les ombres aussitôt et apparut un peu plus loin, neutralisant un autre combattant. Le véritable combat s’engagea alors. Les lames de la voleuse tournoyaient entre ses doigts, semblant animer d’une vie propre. Kaine essaya d’empaler l’elfe. Celle-ci dévia l’attaque d’une de ses dagues, l’envoyant contre un ennemi dans son dos. Ce dernier tomba au sol, le souffle coupé, une blessure légère, mais douloureuse, aux cotes. Mirlina fit une pirouette pour éviter une épée sur sa gauche et bloqua un coup dans son dos de ses lames. Elle brisa le contact, repoussant son adversaire et envoya son pied en plein dans la mâchoire d’un orc face à elle. Le combattant tomba au sol, inconscient. Elle taillada l’épaule d’un elfe près d’elle et le repoussa simplement. Très rapidement, il tomba au sol, paralysé par du poison. La voleuse sourit. Elle savait qu’ils n’étaient pas prêts. Une lame manqua percer son poignet et l’entailla suffisamment pour lui faire lâcher son arme. Elle cracha et usa de son arbalète pour lancer une flèche dans l’épaule du responsable, ce qui le rendit inapte à poursuivre le combat. Elle fit des roulades pour se mettre hors de portée et reprendre son souffle. La sueur coulait sur son visage et menaçait de lui brûler les yeux. Elle s’essuya le front et calcula combien il restait d’ennemi. La moitié était au sol. Mais les autres n’étaient pas blessé et semblaient prêt à en découdre. Mirlina frémit en voyant l’air victorieux sur leur visage.
- Je ne suis pas encore vaincue ! (Cracha t-elle.)
La fatigue la tiraillait et commençait à brouiller ses sens. Elle secoua doucement la tête pour la repousser et retourna à l’assaut, créant la surprise. Elle bondit au dessus de ses adversaires et lâcha une bombe fumigène. La fumée la dissimula assez longtemps pour lui permettre de se défaire de deux adversaires supplémentaires. La voleuse profita du petit répit pour recharger son arbalète et fit feu sur Kaine. Mais ce dernier intercepta le carreau avec son arme. Elle cracha et retourna au combat. Les coups s’enchaînèrent dans une frénésie insoutenable. Mirlina se battait comme une sauvage, parant, esquivant, feintant. Mais ils étaient plus nombreux. La fatigue gagnait de plus en plus sur elle. Et finalement, Kaine réussit à la déséquilibrer. Il profita de l’ouverture dans sa garde pour se rapproche et lui donner un puissant coup d’épaule dans la poitrine. Mirlina poussa un gémissement plaintif et fit un petit vol plané avant de s’écraser au sol, faible, haletante. Un éclair parcourut le ciel, éclairant le visage grave de ses compagnons. Elle vit de la tristesse et de la résignation dans les yeux de son ancien frère d’armes. Elle tenta de se redresser, mais son corps n’était que douleur. Kaine la fixa un moment avec de secouer la tête. Puis, il s’approcha d’elle et s’agenouilla à ses cotés.
- Reste tranquille…
Il fouilla dans ses poches et sortit un bocal qu’il ouvrit. Il prit le produit entre ses gros doigts et en étala une partie sur le ventre et la poitrine de la voleuse.
- ça va te soulager… Tu t’es admirablement battue ma sœur.
Le tauren regarda autour de lui, dénombrant les gens à terre. Certains étaient simplement blesser. Les autres… parmi les morts, certains s’étaient entretués, les autres n’avaient pas survécu aux blessures que la voleuse leur avait infligées. Il poussa un long soupir.
- Tu étais sa préférée. Ce n’est pas pour rien.
Mirlina soufflait doucement, exténuée, incapable de bouger ou de se relever.
- Tu disais sans doute vrai. Mais dans tout les cas… Tu compteras tous tes amis comme mort. Nous ne les combattrons pas, nous ne le pouvons plus. Mais tu ne nous reverras jamais.
La voleuse ne dit rien, luttant toujours pour rester consciente.
- Tu m’as sauvé la vie à de nombreuses reprises. J’épargne la tienne. (Il se redressa.) Ma dette est payée, fille du sang. Je te considérerai toujours comme une sœur, mais j’espère bien ne jamais recroiser ta route. Le souvenir de cette journée va me laisser un goût amer, et je ne pourrais jurer te laisser en vie. La ligue est dissoute. Puisses-tu trouver ce que tu recherches. Adieu, Duchesse Mirlina Aube-Glorieuse, fille du sang.
Ils prirent leurs blessés et disparurent dans la nuit noire, laissant Mirlina seule, sous une pluie torrentielle. Après de longues minutes, Mirlina réussit enfin à bouger et se recroquevilla en position fœtale. Elle resta ainsi durant des heures en pleurant à chaudes larmes avant de s’endormir, à bout de force.




Les mois passèrent. Mirlina reprit la route, seule, accomplissant quelques quêtes de mercenariat, apportant son aide à des groupes isolés pour débarrasser le monde de ses plus grandes menaces. Elle fut l’une des premières à se perdre dans le nord gelé. Elle y erra de nombreux mois avant de rejoindre la majestueuse cité de Dalaran. Là, un mage réclama ses services.
Bien que mal à l’aise parmi eux, elle accepta. La mission était simple, rapporter une orbe de sang, détenu par des mages renégats, non loin de la cité. Elle s’en acquitta facilement, volant l’artefact.
Mirlina marchait dans les rues de Dalaran, le visage dissimulé sous sa capuche. Personne ne la regardait et elle ne regardait personne. Invisible… Elle arriva dans une petite ruelle déserte et attendit. Un raclement de gorge lui fit dire que son commanditaire était arrivé.
- Vous l’avez ?
Elle opina et détacha une petite bourse de sa ceinture. Une faible teinte rougeoyante s’en échappait. L’homme sourit et tendit la main.
- Donnez le moi.
Elle hocha négativement la tête et ouvrit la bourse.
- Qu’est-ce que vous faites ?!
La voleuse prit l’objet dans sa main gantée avec une très grande prudence. L’artefact illumina la ruelle d’un rouge sombre effrayant.
- Cette chose…
L’homme ricana.
- Magnifique n’est-ce pas ?
Elle ne releva pas.
- Est un objet de magie noire. C’est une orbe de sang… Du fléau.
L’homme se pinça les lèvres.
- Peut-être…
Elle serra l’artefact dans sa main, au point d’en trembler.
- Et vous m’avez demandé de le rapporter… Pourquoi ?
- Cela ne vous regarde pas !
Elle posa sur lui un regard empli de colère et de mépris.
- Moi je le sais. Car elle vous est nécessaire pour survivre. Vous n’êtes pas un mage du kirin tor, mais un membre du fléau.
L’homme cracha et retira sa capuche, dévoilant son visage. Il lui manquait une partie de son œil droit, et ce même coté du visage semblait en train de pourrir. Mirlina resta de marbre, masquant sa surprise.
- Effectivement ! Je suis infiltré. Et cette orbe me permet de conserver mon état de vivant ! Mais maintenant que vous le savez, je ne peux vous laisser en vie !
Mirlina serra un peu plus l’orbe, tremblant de tout son corps.
- Jamais vous n’auriez dû… Non, pas à moi… J’ai juré de combattre les gens comme vous… La confiance n’est qu’un mensonge… (Elle marqua une pause.) Je ne laisserai plus personne me trahir ! (Hurla t-elle.)
Et elle brisa l’orbe dans son poing. Le mage poussa un cri.
- Pauvre folle !
Et il la chargea. Mirlina fit de même, tout en dégainant son arme avec une rapidité effrayante. Elle évita ses poings, passant sous sa garde et amena sa tête au niveau de l’oreille de son ennemi en plantant sa dague dans son cœur.
- Au contraire. Je suis tout à fait saine d’esprit. (Murmura t-elle.)
L’homme recula d’un pas en titubant, la bouche ouverte sur un cri muet avant de s’écrouler, mort. Mirlina ligota le corps afin de s’assurer qu’il ne soit pas une menace en cas de résurrection et s’en alla. Elle ne pouvait continuer sa route seule…



L’elfe trouva de nouveaux compagnons qui prenaient le nom des : Disciples d’Emeraude. Elle passa des moments forts avec eux, réussissant même à se débarrasser de Yogg-Saron. Jusqu’au moment où la guilde fut dissoute. Alors elle se retrouva à nouveau seule. Et décida de former elle-même sa ligue… Elle mit de long mois à trouver des compagnons sûrs, à qui elle pourrait réapprendre à faire confiance. Une fois qu’elle les eut trouvé, elle les rassembla dans les égouts de Dalaran.
Invisible, mais toujours présent.
La discrétion notre arme, l’ombre notre alliée.
Les forces du mal n’ont qu’à bien se tenir.
Partout nous irons et rien ne nous arrêtera.
Dans les ténèbres souterraines nous attendrons.
La mort ne sera pas une ennemie.
La côtoyer fait partie de la vie.
Aujourd’hui et jusqu’à la fin…
Nous combattrons pour Obscurantis !

La voleuse sourit. Il était temps… Obscur aurait une seconde chance. Désormais, elle serait l’Obscurcia… Obscurantis était né.


Fin ?

_________________
- Lühanne, soins ! Mais qu'est-ce qu'tas foutue bordel ?
- Euh... Quoi ça ? < était afk > Han, j'ai eu une déco serveur !


Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Mirlina : De la magie à l'Obscurité.   

Revenir en haut Aller en bas
 
Mirlina : De la magie à l'Obscurité.
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Strategia Imperialis (personnages et magie)
» Solitary Sojourn ou la magie du bleu
» Domaine de magie pour les slanns
» Magie or not magie
» 1500 points vs bretonnie: sans magie!

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Orbe Stellaire :: Présentation de votre ego IG :: Mirlina-
Sauter vers: